Primaire de la gauche : "Les résultats illustrent des divisions internes et pas seulement à court terme"

Benoît Hamon est arrivé en tête des résultats, au premier tour de la primaire de la Belle alliance populaire, dimanche. Il est suivi de Manuel Valls. Invité de franceinfo lundi, le politologue Bruno Cautrès a affirmé que cette situation illustre des divisions internes.

Benoît Hamon et Manuel Valls, finalistes de la primaire de la gauche.
Benoît Hamon et Manuel Valls, finalistes de la primaire de la gauche. (JOEL SAGET / AFP)

Benoît Hamon et Manuel Valls ont obtenu respectivement 36,02% et 31,31% des suffrages, dimanche 22 janvier. Ils iront donc au second tour de la primaire de la gauche. Invité de franceinfo, lundi, Bruno Cautrès, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof) a affirmé qu'il s'agissait d'une "situation de gauche sortante".

franceinfo : Le parti socialiste dans sa forme actuelle a-t-il toujours un avenir ?

Bruno Cautrès : Les résultats de la primaire illustrent des divisions internes et qui ne sont pas seulement des divisions de court terme. Les résultats montrent les conséquences d'une situation de gauche sortante qui a déçu, avec l'échec politique de François Hollande.

Dans ce genre de situation, il y a toujours la tentation du retour aux fondamentaux, être clairement à gauche avec un projet de transformation sociale. Benoît Hamon devra montrer que ce renouveau du logiciel politique est compatible avec l'agenda économique, les rendez-vous européens. La Commission européenne attend toujours la France.

Manuel Valls tente de décrédibiliser Benoît Hamon. Cette stratégie peut-elle fonctionner ?

Manuel Valls tente son va-tout, c'est-à-dire essayer de mobiliser cette gauche qui souhaite que la gauche continue d'incarner une forme de rigueur économique. Le problème c'est qu'elle n'est pas vraiment au rendez-vous.

Benoît Hamon a rétorqué que cette stratégie était  'de la vieille politique'. Lui, il se situe du côté du renouveau et ajoute la question de l'affirmation de ses valeurs. On voit bien qu'il veut incarner un autre style de politique, dans l'air du temps.

Entre Benoît Hamon et Manuel Valls, lequel s'en sortirait le mieux à l'élection présidentielle ?

D'après les enquêtes d'opinion réalisées par le Cevipof, ils arriveraient en cinquième position si l'élection avait lieu demain. Manuel Valls obtiendrait entre 10 et 11%, Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg ferait entre 6 et 7%. Donc il reste à l'un des deux candidats à transformer ce qui est du plomb en de l'or électoral. Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon sont partis très tôt et ils ont pris des parts de marché alors que le PS n'a toujours pas son candidat. 

"Manuel Valls tente son va-tout" explique Bruno Cautrès
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