Après l’élection présidentielle, le PS vivra "un des moments les plus importants de son histoire récente"

La haute autorité doit annoncer, samedi, la liste définitive des candidats à la primaire de la gauche. Neuf dossiers ont été déposés. Pour le politologue Bruno Cautrès, le plus gros travail, pour les candidats retenus, sera d'intéresser les électeurs au sujet.

Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, tous deux candidats à la primaire de la gauche, participent à un débat sur la transition écologique, le 15 décembre 2016, à Paris.
Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, tous deux candidats à la primaire de la gauche, participent à un débat sur la transition écologique, le 15 décembre 2016, à Paris. (CHRISTOPHE SAIDI / SIPA)

La direction du Parti socialiste (PS) doit  définitivement valider les candidatures pour la primaire de la gauche, samedi 17 décembre. Neuf dossiers ont été déposés, mais sept candidats seulement devraient être retenus. Pour Bruno Cautrès, l'intérêt que les électeurs y porteront dépendra de l'attitude des candidats.

franceinfo : Combien de participants le parti socialiste peut-il espérer ?

Bruno Cautrès : Les enquêtes d’opinion, qu’il faut considérer avec prudence, laissent envisager environ un million de participants. Mais tout va dépendre de la campagne : va-t-elle permettre de faire ressortir les traits les plus saillants, les plus importants des différences ? Notamment entre l’aile droite du parti, incarnée par Manuel Valls et l’aile gauche, avec Benoît Hamon et Arnaud Montebourg. Il faut aussi s'interroger sur le rôle va jouer Vincent Peillon. Tout va dépendre de l’intérêt que cette campagne va susciter auprès des militants de la gauche.

L’ensemble du PS va-t-il se ranger derrière le camp du vainqueur ?

C'est, en principe, la règle de base. La primaire est destinée à cela. Elle doit contrer le candidat de la droite, François Fillon. Mais là, le doute est permis. Même si, au lendemain de la primaire, ils se réunissent tous derrière le gagnant, ça ne va pas effacer le problème de fond. Celui de la diversité à l’intérieur de la famille socialiste sur les enjeux économiques.

Que veut dire aujourd’hui être de gauche quand on est au pouvoir, dans une situation économique difficile ?Bruno Cautrès, politologuefranceinfo

Comment le PS peut-il évoluer ?

Au lendemain de l’élection présidentielle, le parti socialiste aura un grand examen de conscience à faire. Principalement sur l’expérience François Hollande et les difficultés qui ont accompagné le quinquennat. L'après-élection sera sans doute un des moments les plus importants de l'histoire récente du PS.

Le vainqueur de cette primaire aura Emmanuel Macron face à lui. Est-ce un handicap surmontable ?

Aujourd’hui, Emmanuel Macron occupe le créneau du centre. C’est un créneau sur lequel le PS s’est aussi positionné. Donc, il y a là un terrain de bataille très important après la présidentielle. Cela va largement déterminer si le parti socialiste deviendra un parti de centre gauche, ou un parti qui essaye de redéfinir une identité beaucoup plus à gauche.

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