Parti socialiste : la direction annonce la réélection d'Olivier Faure, Nicolas Mayer-Rossignol conteste les résultats

A la tête du PS depuis avril 2018, le député du Val-de-Marne, tenant d'une ligne pro-Nupes, a difficilement battu le maire de Rouen, selon les chiffres annoncés par la direction du parti. Nicolas Mayer-Rossignol conteste et dénonce des irrégularités.
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France Télévisions
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Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, à Nantes (Loire-Atlantique), le 18 janvier 2023. (LOIC VENANCE / AFP)

Pour Olivier Faure, c'est une réélection dans la douleur. Le Parti socialiste a annoncé vendredi 20 janvier que le premier secrétaire sortant devançait tout juste son opposant, Nicolas Mayer-Rossignol. Appelés à choisir leur nouveau patron, 23 759 des 41 000 adhérents du PS ont désigné, à 50,83%, le député du Val-de-Marne, avant un congrès prévu à Marseille du 27 au 29 janvier. Les deux candidats avaient revendiqué la victoire dans la nuit et s'étaient mutuellement accusés d'irrégularités dans le scrutin.

"Aucun résultat final ne peut être proclamé" pour l'instant, a réagi Nicolas Mayer-Rossignol vendredi matin après la promulgation des résultats. Il soutient qu'il a remporté l'élection avec "au moins 50,5% contre 49,5% pour la direction sortante". "Aucun résultat final ne peut être proclamé sans validation par la commission de récolement", déclare le maire de Rouen, qui demande donc la réunion de cette commission pour trancher. Nicolas Mayer-Rossignol rappelle que lors du premier tour la semaine dernière, "la commission de récolement avait permis d'infirmer les faux résultats annoncés prématurément par des membres de la direction sortante et de confirmer le fait qu'elle avait perdu sa majorité".

"Le PS apparaît coupé en deux, pas sur les idées mais sur la stratégie. Nous avons tous une responsabilité pour trouver une voie d'union", a écrit dans un tweet Valérie Rabault, députée PS et soutien de Nicolas Mayer-Rossignol. "Ce qui se passe est grave, très grave. Aucune démocratie ne peut fonctionner avec de l'auto-proclamation", a dit Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, lors d'une conférence de presse, vendredi. "Si on s’amusait à faire ça quand on organise des élections dans nos villes, on serait en prison", a ajouté la candidate du PS lors de l'élection présidentielle de 2022, qui soutient également Nicolas Mayer-Rossignol.

Une campagne très tendue

La semaine dernière, lors du vote sur les textes d'orientation, la motion défendue par Olivier Faure avait récolté 49,15%, contre 30,51% pour celle de Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen (Seine-Maritime). Arrivée troisième avec 20,34% des suffrages pour sa motion, Hélène Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin (Rhône), avait ensuite décidé de soutenir Nicolas Mayer-Rossignol, moins favorable que son adversaire à la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale (Nupes).

Pendant la semaine qui a suivi le vote sur les textes d'orientation, les attaques ont redoublé entre les deux rivaux, après une campagne marquée par un clivage autour de la relation à la Nupes et des autres partis de gauche, comme La France insoumise (LFI). Les deux camps se sont accusés d'irrégularités lors du premier vote, ce qui a donné lieu à de multiples communiqués de part et d'autre et à une vigilance mutuelle accrue dans plusieurs fédérations départementales.

C'est donc après une séquence interne très délicate qu'Olivier Faure, 54 ans, reste à la tête du Parti socialiste, qu'il occupe depuis avril 2018 et qu'il avait conservée en septembre 2021, face à Hélène Geoffroy. Partisan d'un maintien du PS dans la Nupes, qu'il a activement participé à bâtir au printemps 2022 en vue des dernières législatives, l'élu francilien devra composer avec des adhérents qui ne sont pas alignés sur ses positions, pour près de la moitié de ceux qui se sont exprimés.

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