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Pourquoi le leader d'Europe Ecologie-Les Verts, Pascal Durand, est sur le départ

Le secrétaire national du parti écologiste a confié à des cadres de la formation qu'il ne briguerait pas un second mandat en novembre, selon "Le Monde".

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France Télévisions
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Pascal Durand, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, le 22 mai 2013 à Paris. (ERIC BAUDET / JDD / SIPA)

Le prochain congrès d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), prévu le 30 novembre à Caen (Calvados), sera un tournant pour l'avenir du mouvement écologiste. Son leader, Pascal Durand, a en effet annoncé qu'il ne se représenterait pas pour un deuxième mandat de secrétaire national. Selon Le Monde, il l'a confié à des cadres du parti lors d'une réunion, dimanche 22 septembre.

La décision, relayée par un participant à cette réunion, n'a pas été directement confirmée par Pascal Durand. Ce dernier a simplement fait savoir qu'il s'exprimerait sur son avenir à la tête du parti "avant la fin de la semaine", précisant par SMS au Monde : "J’attends, pour prendre une décision définitive, de voir si et comment le parti se stabilise." L'information intervient dans un contexte tendu pour la direction d'EELV. 

Dissensions avec le gouvernement

Le 14 septembre, Pascal Durand a lancé un ultimatum au gouvernement et au président, leur donnant six jours pour s'engager concrètement dans la transition énergétique. Echaudé par l'attitude du gouvernement sur la fiscalité écologique, et sur les taxes concernant le diesel, Pascal Durand avait pesté : "On nous ment. Il n'y aura pas de transition énergétique dans ce pays si la loi n'est pas soumise au Parlement fin 2014."

Le coup de sang du leader écologiste n'aurait pas été du goût de l'exécutif. Selon RTL, Jean-Marc Ayrault a demandé "la tête" de Pascal Durand au prochain congrès d'EELV. Une information démentie par Pascal Durand lui-même. Pourtant, la radio raconte que le Premier ministre a d'abord envoyé un SMS au numéro un d'EELV pour faire part de sa consternation, avant de joindre Jean-Vincent Placé pour lui signaler : "Il n'est pas possible de travailler avec des gens comme lui." Le sénateur EELV aurait alors immédiatement lancé une procédure au sein du parti pour remplacer Pascal Durand. 

Divisions au sein d'EELV

La méthode de l'ultimatum a provoqué en effet l'irritation de nombreux cadres du parti écologiste, à commencer par Cécile Duflot. La ministre du Logement a conseillé à Pascal Durand de ne pas se représenter au prochain congrès, lors d'un déjeuner au ministère, raconte Le Figaro

Dans les médias, Pascal Durand a subi les reproches de ses camarades. Barbara Pompili, la coprésidente des Verts à l'Assemblée nationale, a jugé jeudi sur France 2 : "On doit éviter de faire des ultimatums, parce que ce n'est pas forcément la meilleure méthode." Jean-Vincent Placé, sur i-Télé, a résumé sa position en une formule : "Ce n'est pas approprié, ni équilibré." Pascal Durand avait pourtant tenté de calmer le jeu en saluant les annonces faites par François Hollande lors de l'ouverture de la Conférence environnementale, vendredi 20 septembre.

Le député EELV Sergio Coronado a pour sa part pointé "une crise de la direction" de son parti, vendredi : "La direction veut tuer la direction sous prétexte que Pascal Durand aurait offensé l'exécutif (...) Ce sont les mêmes qui l'ont choisi qui le critiquent." Selon le député écologiste, le congrès d'EELV prévu le 30 novembre s'annonce "assez brouillon", avec au menu "un psychodrame de la direction".

Des écolos pris au piège

A quelques mois des municipales, la marge de manœuvre des écologistes apparaît réduite. Ils ne peuvent se permettre de rompre l'alliance avec le PS, sous peine d'échec important aux élections. De nombreux élus Verts savent qu'ils doivent leur mandat à l'alliance avec les socialistes et ils ne sont pas prêts à couper les ponts avec la rue de Solférino. Difficile d'imaginer Cécile Duflot quitter le gouvernement après l'adoption de sa loi sur le logement à l'Assemblée, qui doit encore passer par le Sénat.

Leur départ du gouvernement provoquerait également une crise profonde. La décision n'empêcherait pas les socialistes de gouverner, puisque ces derniers conserveraient une courte majorité à l'Assemblée, mais cela affaiblirait la gauche à la veille d'un scrutin qui s'annonce déjà difficile.

C'est sans doute pour cette raison que la ministre du Logement aurait décidé de reprendre les choses en main au sein d'EELV. Selon Le Monde, le nom d'Emmanuelle Cosse circule pour remplacer Pascal Durand. "Il y a un consensus sur Emmanuelle Cosse", ont confirmé les députés François de Rugy et Christophe Cavard. Cette ancienne présidente d’Act Up-Paris et actuelle vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France est une proche de la ministre. Mais réputée autoritaire, elle ne ferait pas l'unanimité au sein d'EELV.

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