Conférence environnementale : la reculade des Verts en trois actes

Alors qu'ils menaçaient de quitter le gouvernement il y a quelques jours, l'état-major écologiste se dit aujourd'hui satisfait des annonces de François Hollande.

Le secrétaire national d\'Europe Ecologie-Les Verts, Pascal Durand, le 22 août 2013 à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, Pascal Durand, le 22 août 2013 à Marseille (Bouches-du-Rhône). (FRANCK PENNANT / AFP)

Finalement, l'état-major d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) est satisfait. Le secrétaire national du mouvement, Pascal Durand, s'est félicité, vendredi 20 septembre, des annonces de François Hollande lors de la conférence environnementale. "Il met la priorité sur la transition énergétique (...), c'est une bonne nouvelle, une très bonne nouvelle", a-t-il déclaré sur BFMTV.

Pourtant, TVA à 5% sur la rénovation thermique mise à part, le président de la République n'a rien annoncé de plus que son ministre de l'Ecologie Philippe Martin la semaine dernière. Retour en arrière.

Acte 1 : le coup de colère

 Mercredi 12 septembre, le ministre Philippe Martin annonce la création d'une "composante carbone" dans les taxes pesant sur l'énergie et le maintien de l'avantage fiscal du diesel. Les Verts, qui réclament depuis plusieurs années la suppression de cet avantage, explosent.

"Qu'est-ce que le gouvernement propose comme solution pour qu'on arrête de subventionner un produit aussi meurtrier ?" s'interroge le ministre du Développement, Pascal Canfin. Le chef de file des députés écologistes, François de Rugy, qui regrette "un mauvais signal sur le diesel", est plus menaçant : "le budget 2014 tel qu'il a été présenté est illisible et pas votable en l'état". Des réactions qui poussent Philippe Martin à rétropédaler maladroitement.

Acte 2 : l'ultimatum

Quelques jours plus tard, Pascal Durand lance un ultimatum à François Hollande. Il donne "six jours" à l'exécutif, jusqu'à la Conférence environnementale, pour s'engager concrètement dans la transition énergétique. Sinon ? "J'en tirerai les conséquences et je demanderai au mouvement d'en tirer les conséquences", déclare-t-il devant le Conseil fédéral du parti. 

"Je ne serai pas le secrétaire national du renoncement écologique", menace-t-il. Alors que le diesel est dans toutes les têtes, Pascal Durand se garde bien de préciser les termes de son ultimatum, laissant ainsi une porte de sortie au gouvernement, et précise ensuite qu'il s'agit d'un simple "rendez-vous"

Acte 3 : la satisfaction

Vendredi 20 septembre, le ton a donc changé. Visiblement échaudé par les menaces de cadres mécontents de ses récentes déclarations, relayées par le Journal du Dimanche, Pascal Durand se montre beaucoup plus conciliant avec la politique écologique du gouvernement.

Il n'est pas le seul. De la ministre Cécile Duflot au vice-président de l'Assemblée nationale Denis Baupin, en passant par le député François de Rugy, l'ensemble des leaders écologiques ont salué le discours de François Hollande comme un "signal ambitieux" alors que certaines ONG se disent déçues.

Ce changement de discours n'est pas surprenant. Au-delà du coup de gueule, les dirigeants écologistes n'ont qu'une faible marge de manœuvre par rapport aux socialistes.