La "marée populaire", le pari à double tranchant des syndicats et de la gauche

C'est une première depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Une soixantaine de syndicats, de partis de gauche et d'associations appellent à manifester le 26 mai partout en France, contre la politique du gouvernement. Les organisateurs promettent une "marée populaire".

La présentation de la \"marée populaire\" le 17 mai. Dans l\'assistance, entre autres : Benoît Hamon, Olivier Besnacenot, Pierre Laurent, Clémentine Autain, Jean-Luc Mélenchon ou Eric Coquerel.
La présentation de la "marée populaire" le 17 mai. Dans l'assistance, entre autres : Benoît Hamon, Olivier Besnacenot, Pierre Laurent, Clémentine Autain, Jean-Luc Mélenchon ou Eric Coquerel. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

La marée sera-t-elle haute ou basse ? C'est tout l'enjeu pour les organisateurs de la mobilisation de samedi 26 mai. Un appel à défiler partout en France contre la politique du gouvernement, lancé par une soixantaine d'organisations syndicales, d'associations et de partis de gauche.

Coup d'arrêt ou onde de choc

La convergence, c'est maintenant, celle des luttes, mais surtout celles des forces, répètent les organisateurs de cette "marée populaire", "pour l'égalité, la justice sociale et la solidarité". La dernière fois que des syndicats et des partis politiques ont appelé à manifester ensemble, c'était en 1986 après la mort de Malik Oussekine, rappellent-ils. Et avant, c'était Mai 68 et les manifestations du Front populaire, en 1936.

L'objectif, cette fois-ci : reprendre le point concédé au pouvoir par Jean-Luc Mélenchon lui-même après l'échec de la mobilisation en ordre dispersé contre la réforme du Code du travail

L'exécutif martèle qu'il agit au nom d'une majorité silencieuse, celle qui ne fait pas grève et ne bat pas le pavé. Les manifestants, eux, veulent démontrer que le rejet de la politique du gouvernement est bien réel et massif. C'est le moment de se compter, de jauger le rapport de force. Coup d'arrêt ou onde de choc, le nerf de la guerre, c'est le niveau de participation. D'autant que vendredi soir, le président Emmanuel Macron a crispé le jeu en déclarant sur BFMTV que quelle que soit l'ampleur de la vague, il continuerait ses réformes. De quoi nourrir le portrait dressé par ses détracteurs. "Il faudrait qu'il regarde la fenêtre de son palais pour voir la vraie", a déclaré ce samedi sur France Inter, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT.

Dans les colonnes de Libération, Jean-Luc Mélenchon déclare que "Macron doit sentir leur [les manifestants] souffle sur la nuque". Pour le leader de la France insoumise, ce 26 mai c'est l'occasion pour l'opposition de se galvaniser. "Il faut que les gens se prouvent à eux-mêmes qu'ils sont en nombre et en force" dit-il au journal. Le décloisonnement, la convergence des luttes et des acteurs, est une nouvelle étape. C'est en tout cas l'espoir de ceux qui appellent à défiler aujourd'hui.