Notre-Dame-des-Landes : les opposants vont dégager, à partir de lundi, la route départementale menant à la ZAD

Le gouvernement avait demandé que cette route, entravée par des chicanes, soit libérée par les zadistes avant la fin de la semaine.

Une chicane entravant une route départementale traversant la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) le 16 janvier 2018.
Une chicane entravant une route départementale traversant la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) le 16 janvier 2018. (LOIC VENANCE / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Les opposants au projet abandonné d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes invitent à un "chantier collectif sur la D281", lundi 22 janvier, dans un document consulté samedi par l'AFP. Il s'agit de "reboucher les trous et enlever les chicanes" qui entravent la circulation sur cette route départementale qui mène à la ZAD. Concrètement, cela signifie qu'ils vont dégager la route.

Dans son discours sur l'abandon du projet, mercredi, Edouard Philippe avait demandé l'évacuation des routes d'accès à la zone. De son côté, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a donné jusqu'à "la fin de la semaine prochaine" aux opposants pour les libérer, ajoutant qu'il préférait le faire "par la discussion et la négociation" plutôt que la force. Ils devront "dégager la route" et "s'ils ne le font pas d'eux-mêmes, les gendarmes iront la dégager", a insisté la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein.

"Un symbole de notre résistance commune"

"Prendre cette décision, c'est sûr, n'a pas été facile", écrit l'Acipa, association "institutionnelle" d'opposants, dans ce document. "Cette route était et restera un symbole de notre résistance commune, et c'est tous ensemble que nous mettons en œuvre son usage partagé, puisque qu'il n'y aura pas d'aéroport".

"Le projet étant abandonné, il n'y avait plus de prétexte à ce que cette route départementale ne retrouve pas sa vocation antérieure", explique son porte-parole Julien Durand à franceinfo. "Ce serait quand même malvenu de ne pas jouer la carte de l'apaisement".

L'association avertit tout de même qu'elle pourrait "revenir sur cette décision si des menaces d'expulsion venaient à se concrétiser, en refermant cette route et les autres traversant la ZAD".

Une route obstruée depuis cinq ans

"L'état d'esprit global et majoritaire, c'est qu'on va faire le plus possible et le plus vite possible", affirmait Françoise Verchère, coprésidente d'un collectif d'élus opposés au projet, le Cédpa, après une réunion sur le sujet dans la ZAD jeudi. "Mais il y en a quelques-uns pour qui la route va toujours trop vite et qui rêvent de laisser quelques chicanes 'maison'".

La route des chicanes était obstruée depuis cinq ans par divers obstacles (pneus, épaves de véhicules, barricades en tous genres) et "gardée" quasiment en permanence depuis des cabanes et miradors.