NKM dit avoir été écartée de deux postes au gouvernement parce qu'elle était enceinte

Dans une interview à la chaîne américaine NBC, Nathalie Kosciusko-Morizet dénonce le sexisme de la vie politique française. 

L\'ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, le 3 juin 2013, après sa désignation par les sympathisants UMP comme candidate du parti aux municipales à Paris en 2014.
L'ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, le 3 juin 2013, après sa désignation par les sympathisants UMP comme candidate du parti aux municipales à Paris en 2014. (THOMAS SAMSON / AFP)

Pour Chirac, elle était "une emmerdeuse". Elle-même se décrit volontiers comme "une tueuse". Nathalie Kosciusko-Morizet s'est confiée à la chaîne américaine NBC (article en anglais) sur sa carrière et ses ambitions politiques, détaillées dans un article publié lundi 29 juillet sur le site de la chaîne. Elle y revient sur le sexisme qui sévit, selon elle, sur la scène politique française.

"J'ai deux enfants et, à chaque grossesse, j'ai perdu une opportunité relative à un poste de ministre", affirme la candidate UMP pour la mairie de Paris. "Par deux fois, des hommes m'ont appelée - dans le premier cas le président de la République [Jacques Chirac, selon NBC], dans le second cas, le Premier ministre [François Fillon] - et m'ont dit 'vous ne serez pas ministre, puisque vous êtes enceinte'".

"Je suis une tueuse"

La seconde affirmation est cependant étonnante, car lors de la naissance de Louis-Abel, son deuxième enfant, en 2009, NKM était déjà au gouvernement comme secrétaire d'Etat chargée du développement de l'Economie numérique. Elle est devenue ministre de l'Ecologie fin 2010. Pour la ténor de l'UMP, les deux hommes "ne se rendaient pas compte de ce qu'ils disaient et (...) avaient sûrement d'autres raisons".

Nathalie Kosciusko-Morizet assume par ailleurs un parcours de femme politique ambitieuse. "Je suis une tueuse, affirme-t-elle. Tous ceux qui font de la politique le sont. Certains savent tirer, d'autres non. Certains lancent leurs attaques de front, d'autres vous tirent dans le dos. J'appartiens à la première catégorie."