Jacasseur, médisant, mais gentleman : Nicolas Sarkozy vu par Hillary Clinton

"Sarkozy aime les ragots et traite les autres dirigeants de fous", écrit l'ancienne secrétaire d'Etat américaine dans ses Mémoires. Mais elle souligne aussi leurs points de convergence politiques.

Hillary Clinton, alors secrétaire d\'Etat américaine, et Nicolas Sarkozy, alors président français, le 1er septembre 2011, à l\'Elysée.
Hillary Clinton, alors secrétaire d'Etat américaine, et Nicolas Sarkozy, alors président français, le 1er septembre 2011, à l'Elysée. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

A en croire les journalistes américains, les Mémoires d'Hillary Clinton, à paraître mardi 10 juin, ne renferment que peu d'anecdotes croustillantes. L'espace de quelques lignes, l'ancienne secrétaire d'Etat s'attarde toutefois sur le cas de Nicolas Sarkozy, qu'elle a eu l'occasion de rencontrer à de nombreuses reprises lorsque celui-ci était président de la République. Selon des extraits de Hard Choices dévoilés par le blog Politico Playbook (en anglais), elle décrit un homme qui bavasse, jamais avare d'un commentaire déplacé sur certains de ses homologues.

Un amateur de potins

"La plupart des dirigeants sont plus discrets en privé que sur le devant de la scène. Pas Sarkozy. Il aime les ragots, traite les autres dirigeants de fous ou d'handicapés", écrit celle que d'aucuns voient comme la future présidente des Etats-Unis, dans un chapitre consacré à l'Europe.

Hillary Clinton se souvient de plusieurs gentillesses bien peu diplomatiques décernées par Nicolas Sarkozy à des dirigeants : "L'un d'eux était un 'accro à la drogue'. Un autre avait une armée 'qui ne savait pas comment se battre'. Un autre encore était issu d'une longue lignée de 'brutes'. Sarkozy se demandait sans arrêt pourquoi les diplomates qui s'adressaient à lui étaient inévitablement vieux, grisonnants et masculins."

"Malgré son exubérance, c'était un gentleman"

Le reste du descriptif est cependant plus à l'avantage de l'ancien président de la République. Hillary Clinton souligne ainsi leurs points de convergence : "On riait, on débattait, on se disputait, mais la plupart du temps on finissait par se mettre d'accord sur ce qu'il fallait faire", notamment en Libye, raconte-t-elle.

La démocrate termine son court portrait en précisant que "malgré son exubérance, c'était toujours un gentleman". Ainsi, lorsqu'elle a perdu sa chaussure sur le perron de l'Elysée devant des photographes, Nicolas Sarkozy l'a aidée à retrouver son équilibre. Hillary Clinton lui envoya ensuite une photographie de l'incident, avec cette dédicace: "Je ne suis peut-être pas Cendrillon, mais vous serez toujours mon prince charmant."