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Moscou annonce la livraison d’un Mistral le 14 novembre, Paris dément

La Russie annonce ce mercredi que la France va lui livrer un porte-hélicoptère Mistral le 14 novembre. Information démentie par le ministère de la Défense.
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Radio France
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 (La construction du porte-hélicoptères Mistral à Saint-Nazaire © Maxppp)

Cadeau empoisonné. Ce mercredi, le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine affirme que le premier Mistral, le porte-hélicoptère français, allait être livré à la Russie. La société "Rosoboronexport (chargé de l'exportation des armes russes) a reçu une invitation pour le 14 novembre à Saint-Nazaire où se trouvent 360 marins russes (...) pour la remise à la Russie du premier navire Vladivostok et la mise à l'eau du second ", a déclaré Dmitri Rogozine.

Il a ajouté que le deuxième exemplaire du porte-hélicoptères commandé par son pays serait mis à l'eau le même jour. Et a publié sur Twitter, une lettre d’invitation à la cérémonie du mois de novembre.

Cette date "n’existe pas" selon la France

Cependant, la France dément. La lettre que le vice-premier ministre russe publie sur les réseaux sociaux est datée du 8 octobre et porte le logo de la DCNS, le groupe français de construction navale. Elle est rédigée en anglais et elle confirme l'invitation au port de Saint-Nazaire lundi 14 novembre pour la livraison du Vladivostock, avec discours d'officiels, cérémonie militaire et déjeuner à bord.

"Suite aux récentes informations publiées concernant la livraison éventuelle du premier BPC à la Fédération de Russie, DCNS précise qu'il est en attente des autorisations gouvernementales d'exportation nécessaires pour la réalisation d'un transfert ", a déclaré le porte-parole du DCNS. "Aucune date de livraison ne peut donc être confirmée à ce stade ". Même réponse au ministère de la Défense : le gouvernement n'a pas encore pris de décision sur la livraison du navire de guerre à la Russie, "cette date n'existe pas ", l'industriel a pris seul la liberté de cette invitation.

  "Les conditions ne sont pas réunies" a réaffirmé ce jeudi matin Michel Sapin, le ministre des Finances :

"Les conditions, c'est quoi? C'est qu'en Ukraine, nous soyons dans un dispositif qui va vers la normale, qui permette de détendre les choses, qui fasse que la Russie joue un rôle positif. D'un certain niveau ça va mieux, d'autres points de vue il y a encore des  inquiétudes, donc aujourd'hui les conditions ne sont pas réunies."

 

Jean-Yves Le Drian le précisait déjà mardi, rien n'a changé : François Hollande dira "courant novembre" si la France honore son contrat. L'aubaine de plus d'un milliard d'euros signée en 2011 est devenue, à la lumière de la guerre en Ukraine, un véritable cadeau empoisonné. Vladimir Poutine a d'ailleurs menacé de demander des dommages et intérêts en cas de non-livraison. Environ 800 millions et 1 milliard d'euros payables par l'Etat français. François Hollande qui tient à honorer le contrat, ne cesse de vouloir gagner du temps, pariant sur l'apaisement de la situation et un vrai respect du cessez-le feu. Ce nouvel épisode illustre la valse-hésitation de la France qui cherche à gagnant du temps. 

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