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La France suspend la livraison de ses Mistral à la Russie

Malgré la perspective d'un cessez-le-feu encore à confirmer, l'Elysée annonce ce mercredi soir, dans un communiqué, que les conditions ne sont pas réunies pour livrer le navire militaire à la Russie.
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Radio France
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 (Marins russes à l'entraînement à Saint-Nazaire. © PHOTOPQR/L'ALSACE/Denis Sollier)

Pas question de livrer le navire militaire Mistral à la Russie. En tous cas pas maintenant. Dans un communiqué, l'Elysée indique que "les conditions pour que la France autorise la livraison du premier bâtiment de projection et de commandement ne sont pas réunies. " Cette suspension est valable jusqu'en novembre. Le cabinet du chef de l'Etat indique que la situation en Ukraine est "grave ". Et il ajoute que, malgré la perspective d'un cessez-le-feu qui reste encore à confirmer,  "les actions menées récemment par la Russie dans l'est de l'Ukraine contreviennent aux fondements de la sécurité en Europe ". La présidence a ajouté que la livraison du second BPC, actuellement en construction, dépendrait de "l'attitude " de Moscou.

Soutien et salut à Washington

La décision de Paris est tombée à la veille du sommet de l'Otan au Pays de Galles. Et Paris était la cible des critiques de ses partenaires à cause du maintien de cette vente de navires de guerre. Les Etats-Unis notamment ont dénoncé une nouvelle fois ce contrat mercredi. La Grande-Bretagne et la Lituanie ont souvent ajouté leur voix à ce concert.

Du coup, Washington a salué ce mercredi la "sage décision " de la France et exprimé son "soutien ". Un groupe de sénateurs républicains et démocrates a "encouragé le reste des alliés de l'Otan à cesser toutes les coopérations et ventes en matière de défense avec la Russie tant que se poursuit la crise " en Ukraine.  "Cela aurait été mieux d'annuler (le contrat), mais l'ajourner est un bon premier pas ", a insisté dans un tweet l'influent sénateur républicain John McCain, candidat à la présidentielle de 2008.

"L'annulation de ces contrats ne sera pas une tragédie" (Moscou)

Moscou de son côté fait mine de hausser les épaules : cette décision n'est pas "une tragédie ", commente le vice-ministre de la Défense, Iouri Borissov.  "Même si, bien sûr, cela est déplaisant et ne fait qu'ajouter à certaines tensions dans nos relations avec nos partenaires français, l'annulation de ces contrats ", ajoute-t-il.

Le contrat, signé en 2011, prévoit la livraison de deux Bâtiments de projection et de commandement (BPC) type Mistral. Il porte sur 1,2 milliards d'euros et la livraison du premier navire était initialement prévue en octobre.

►►► A ECOUTER :

Jean-Marc Pérez, délégué FO aux chantiers de Saint-Nazaire, est inquiet pour l'emploi.
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La stupéfaction de François Janvier, délégué CFE-CGC aux chantiers navals de Saint-Nazaire.
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Un coup de tonnerre, pour Christophe Morel, délégué CFDT.
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 (Le Mistral est un bâtiment militaire de Projection et de Commandement  © Idé)
 

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