Transparence de la vie publique : un député UMP dépose 120 000 amendements

Jean-Charles Taugourdeau déplore que certains maires soient contraints de publier leur patrimoine, et pas d'autres.

Le député UMP Jean-Charles Taugourdeau, le 3 mai 2011 au siège du parti, à Paris.
Le député UMP Jean-Charles Taugourdeau, le 3 mai 2011 au siège du parti, à Paris. (MAXPPP)

En matière d'obstruction parlementaire, Jean-Charles Taugourdeau vient d'exploser tous les records. Ce député UMP du Maine-et-Loire vient de déposer à lui seul 120 000 amendements au projet de loi sur la transparence de la vie publique, discuté à partir de lundi à l'Assemblée nationale, a-t-on appris vendredi 14 juin de sources parlementaires.

L'article visé par le député oblige les maires des villes de plus de 20 000 habitants et les maires-adjoints de celles de plus de 100 000 à déposer une déclaration de patrimoine. Pour combattre cette notion de seuil qui, selon lui, "introduit des clivages" dans la vie politique, économique et sociale, chaque amendement de Jean-Charles Taugourdeau fait varier le nombre d'habitants d'une unité : l'un fixe le seuil à un habitant, le second à deux, le troisième à trois et ainsi de suite, soit 20 000 amendements concernant les maires et 100 000 amendements au sujet des maires adjoints.

De quoi faire durer le débat jusqu'en mai 2015, au moins…

"Evidemment, je ne les défendrai pas tous, explique Jean-Charles Taugourdeau. Mais cela me permettra de parler plusieurs fois deux minutes pour faire comprendre qu'il faut arrêter d'introduire partout des seuils." "Pourquoi un maire, parce que sa commune passe de 19.999 à 21.001 habitants, passe-t-il sous le coup de la suspicion ?" s'indigne le député.

En vertu des règles actuelles, et selon le calcul d'un vieux routier du Parlement, "avec 120 000 amendements, et les deux minutes pour défendre chacun d'entre eux, cela ferait durer le débat jusqu'en mai 2015, en supposant qu'on y consacre dix heures par jour et cinq jours par semaine".