Michel Rocard : l'homme des réformes

Michel Rocard ne sera resté Premier ministre que trois ans, mais cela lui aura suffi pour ramener la paix en Nouvelle-Calédonie, créer le RMI et la CSG.

France 3

Comme bon nombre d'hommes de gauche de sa génération, le jeune Michel Rocard avait chez lui un poster du Che. Lorsqu'il est candidat à l'élection présidentielle en 1969, il se définit encore comme révolutionnaire, mais d'un genre nouveau déjà teinté de réalisme. Très vite, il s'écarte de la doctrine marxiste et quand il devient Premier ministre de François Mitterrand en 1988, il incarne la gauche de gouvernement : pragmatique, moderne, réformiste. 

Théoricien de la deuxième gauche 

"Ça a été un des grands représentants de ce socialisme qui assume l'économie capitaliste, mais qui cherche à en corriger les excès", explique Pascal Perrineau, politologue. Théoricien de la deuxième gauche, il préfère la négociation, le contrat, la confiance, plutôt que la rupture. Traduction dans les faits : en chef de gouvernement, il créé le RMI, 2 000 francs soit 300 euros versés sans condition aux plus pauvres. Toujours à Matignon, il engage sa responsabilité pour faire adopter la CSG, la contribution sociale généralisée, un prélèvement obligatoire pour renflouer les comptes de la Sécurité sociale. Renvoyé du gouvernement en 1991, il subira ensuite de cuisantes défaites électorales, mais sa victoire restera celle de ses idées.

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L\'ancien Premier minsitre, Michel Rocard, lors d\'une conférence de presse à Paris le 20 mars 2012.
L'ancien Premier minsitre, Michel Rocard, lors d'une conférence de presse à Paris le 20 mars 2012. (ERIC PIERMONT / AFP)