Propos de Jean-Luc Mélenchon sur Taïwan : la polémique résumée en quatre actes

Le leader de La France insoumise, qui voit dans la visite de Nancy Pelosi à Taïwan une "provocation" à l'égard de la Chine, s'est attiré les foudres de la classe politique, y compris de membres de la Nupes.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Jean-Luc Melenchon, lors d'une conférence de presse après une rencontre avec le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, au National Palace, à Mexico, le 14 juillet 2022. (PEDRO PARDO / AFP)

La position de Jean-Luc Mélenchon sur le statut de Taïwan n'en finit pas de faire réagir. Après avoir critiqué, sur son blog, le voyage de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi à Taïwan, dans un contexte de forte tension géopolitiques entre Washington, Pékin et Taipei, l'ex-candidat à la présidentielle s'est attiré les foudres de la classe politique, y compris à gauche. Dans une nouvelle note de blog, publiée samedi 6 août, le leader de La France insoumise maintient ses propos.

Acte 1 : Jean-Luc Mélenchon qualifie le déplacement de Nancy Pelosi de "provocation"

C'est un billet de blog hebdomadaire publié mercredi 3 août qui a mis le feu aux poudres. Dans ce court texte, Jean-Luc Mélenchon qualifie de "provocation" la visite surprise à Taïwan de Nancy Pelosi, la veille, au cours de la tournée asiatique effectuée par la présidente de la chambre des représentants américaine. Une visite que la Chine, onsidérant Taïwan comme une partie de son territoire à réunifier, a interprété comme un soutien aux partisans de l'indépendance et un reniement de la promesse des Etats-Unis de ne pas avoir de relations officielles avec l'île.

"Pour les Français depuis 1965 et le général de Gaulle, il n'y a qu'une seule Chine", écrit le leader insoumis, rappelant une position historique de la diplomatie française. Il ajoute que "Taïwan est une composante à part entière de la Chine", une terminologie utilisée par le régime de Pékin mais réfutée par les autorités de Taïwan. "Les Chinois règleront le problème entre eux. Il n'y a pas d'autre issue raisonnable possible", écrit encore Jean-Luc Mélenchon, qui accuse les Etats-Unis de vouloir "ouvrir un nouveau front".

Acte 2 : l'ambassade de Chine le remercie

C'est un soutien dont le candidat déçu à l'élection présidentielle se serait bien passé. Sur Twitter, l'ambassade de Chine en France a salué le lendemain le "soutien constant à la politique d'une seule Chine" de Jean-Luc Mélenchon.

De quoi nourrir les accusations de "complaisance" de Jean-Luc Mélenchon envers l'autoritarisme chinois. "On a les alliés qu'on mérite", a ainsi commenté Nathalie Loiseau, députée européenne LREM/Renaissance et ancienne ministre chargée des Affaires européennes.

Acte 3 : une sortie très critiquée, y compris à gauche

De nombreuses personnalités de la majorité ont dénoncé les propos de Jean-Luc Mélenchon. "Le lider maximo Mélenchon a encore raté une occasion de se taire", a réagi le député Renaissance Karl Olive sur franceinfo.

Mais les déclarations de Jean-Luc Mélenchon ont également créé le malaise à gauche, mettant au jour des différences de conception au sein de la Nouvelle Union populaire (Nupes) en matière de politique étrangère. Le secrétaire général du Parti socialiste, Olivier Faure, a jugé sur Twitter que si "l'opportunité de la visite de Nancy Pelosi à Taïwan [était] discutable, la volonté des Taïwanais de vivre en démocratie ne l'est pas".

Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a quant à lui publiquement désavoué Jean-Luc Mélenchon. Le député de Paris a regretté "une vision assez datée" et "un vrai cynisme en matière de géopolitique" de la part de Jean-Luc Mélenchon. "Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, ce serait moins grave quand c'est la Chine que ça peut froisser. Ça, ça n'est pas entendable."

Le leader de La France insoumise a tout de même trouvé du soutien au sein de ses propres troupes, le député Manuel Bompard jugeant que la visite de Nancy Pelosi à Taïwan avait "jeté de l'huile sur le feu".

Acte 4 : Jean-Luc Mélenchon persiste et signe

Le leader de LFI a réitéré ses propos samedi, réaffirmant sur son blog qu'"il n'y a qu'une seule Chine". Il se dit "espanté" par les "très étranges réactions" et les "cris d'orfraie" de ses critiques, alors que "nous ne devons pas vouloir d'un nouveau front de guerre".

"Je n'ai fait que répéter la doctrine constante de notre pays (la France, rappelons-le) depuis 1965 à propos de la Chine", écrit-il, en soulignant que "cela est également réglé par les accords internationaux acceptés par notre pays et les membres de l'ONU", et que "Chine et USA s'engagent à respecter la souveraineté et l'unité territoriale de l'autre".

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Jean-Luc Mélenchon

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.