"J'espère que le procès sera équitable" : des militants insoumis devant le tribunal de Bobigny pour soutenir Jean-Luc Mélenchon

Des militants et des élus ont prévu de se retrouver jeudi devant le tribunal de Bobigny où Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches doivent être jugés. 

Jean-Luc Mélenchon en septembre 2019. 
Jean-Luc Mélenchon en septembre 2019.  (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

Près d’un an après la perquisition houleuse au siège de La France insoumise, c’est l’heure des explications face à la justice pour Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches. Ils sont jugés à partir de jeudi 19 septembre pour "actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire, rébellion et provocation". Le procès se tient au tribunal de Bobigny ou des militants ont prévu de se rendre pour faire bloc autour de leur leader. 

"Un procès politique" 

"Ce qui se passe là est assez incroyable", affirme Sajenthan. Ce militant sera présent devant le tribunal car selon lui, l'enjeu est important. "Vous avez seulement un parti en France qui a été autant matraqué. C'est phénoménal". Francis, un autre militant, est sur la même ligne. Il affirme que tous les mouvements mis en cause dans des affaires d’emplois fictifs à Bruxelles ne sont pas logés à la même enseigne "Le Front national, le MoDem, est-ce qu'ils ont été perquisitionnés de la même manière ? Pour moi, non". Selon lui, il s'agit bien "d'un procès politique, parce que les méthodes employées ne sont pas employées pour les autres" 

Rached, qui a participé à la campagne des européennes, se pose lui aussi des questions sur la perquisition de l'an dernier. "Ce n'est pas normal que des policiers empêchent quelqu'un qui est perquisitionné de rentrer dans ses locaux", accuse-t-il. 

La perquisition n'était pas équitable, j'ose espérer que le procès le sera. Actuellement, j'ai des doutes sur la justice en FranceRachedà franceinfo

Un parallèle avec l'affaire Fillon 

Ugo, un autre militant de Bobigny, partage aussi ces doutes. Ses interrogations remontent même à bien plus loin. "Je crois qu'on n'a pas suffisant regarder la façon dont d'autres partis politique ont été traités, avance-t-il. Ce qui a pu se placer lors de la dernière présidentielle, notamment avec François Fillon, pose questions". Selon lui, "l'ensemble de la France avait accès à certaines pièces du dossier, directement diffusées par les juges probablement. Si c'était son camp qui était au pouvoir au moment de l'élection présidentielle, les choses ne seraient pas passées comme ça". 

Les militants insoumis vont suivre avec attention le déroulement du procès. Jean-Luc Mélenchon et les autres prévenus risquent jusqu’à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.