Marine Le Pen pense que "l'euro est mort" mais reste floue sur sa politique monétaire

La candidate du FN semblait avoir repoussé la sortie de l'euro, dans son accord avec Nicolas Dupont-Aignan. "Nous aurons une monnaie nationale", insiste-t-elle pourtant dans une interview au "Parisien".

Marine Le Pen lors d\'un discours à Nice (Alpes-Maritimes), le 27avril 2017.
Marine Le Pen lors d'un discours à Nice (Alpes-Maritimes), le 27avril 2017. (JEAN-LUC THIBAULT / CITIZENSIDE / AFP)

Marine Le Pen souffle le chaud et le froid. Son accord avec Nicolas Dupont-Aignan, officialisé samedi 29 avril, semblait mettre en sourdine la sortie de l'euro, du moins provisoirement. Celle-ci n'était plus considérée comme "un préalable" à la mise en place d'une politique économique et le texte réclamait de la patience, afin d'"organiser sereinement la transition de la monnaie unique vers la monnaie commune". La sortie de l'euro a même disparu de la profession de foi de la candidate, alors qu'elle en avait fait un thème de campagne, en vantant le "rétablissement d'une monnaie nationale" dans son programme.

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Mais voilà que Marine Le Pen brouille encore davantage les pistes, dans un entretien au Parisien, publié dimanche 30 avril. Le constat n'a pas évolué au fil des mois – "Je pense que l'euro est mort", explique-t-elle – mais ses réponses pour "maîtriser notre monnaie" deviennent plus techniques. En effet, la candidate du Front national propose de transformer "l'euro monnaie unique en un euro monnaie commune", qui ne concernerait pas les "achats quotidiens, mais uniquement les grandes entreprises qui font du commerce international". Une forme de retour à l'ECU, l'unité monétaire européenne créée en 1979.

Nous aurons une monnaie nationale comme tous les autres pays et nous aurons ensemble une monnaie commune. Voilà c'est aussi simple que ça.Marine Le Pendans "Le Parisien"

Quid du retour au franc promis ? 

La candidate frontiste n'évoque désormais plus un retour au franc. Marine Le Pen affirme même dans Le Parisien qu'elle n'a jamais "jamais dit que la France" sortirait de la zone euro, en cas de victoire. En janvier, l'économiste frontiste Jean-Richard Sulzer expliquait pourtant : "Vous aurez deux cartes de crédit : une carte en franc pour les paiements intérieurs, une carte en euro ou en écu pour aller en Belgique." 

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Les modalités d'un retour à une monnaie nationale restent floues. Début mars sur Europe 1, Florian Philippot, vice-président du FN, donnait un délai de six mois à la France pour "récupérer une monnaie nationale", en cas de victoire de Marine Le Pen. Mais samedi, la députée Marion Maréchal-Le Pen a assuré que la négociation souhaitée par le FN sur l'Union européenne et l'euro commencerait en 2018 et prendrait "plusieurs mois", voire "plusieurs années".