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Primaire à droite : la guerre Bayrou-Sarkozy en cinq actes

Depuis une semaine, l'ancien président concentre ses attaques sur le leader du MoDem pour mieux atteindre Alain Juppé.

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France Télévisions
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Nicolas Sarkozy et François Bayrou à Bordes (Pyrénées-Atlantiques), le 22 juin 2010.  (PHILIPPE WOJAZER / REUTERS)

Irréconciliables. Depuis plusieurs jours, une guerre a éclaté entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou. Pour mieux atteindre Alain Juppé, son rival pour la primaire à droite, l'ancien président de la République s'en prend avec virulence au leader du MoDem, responsable à ses yeux de sa défaite en 2012.

Comme le rappelle Paris Match, cette haine réciproque n'est pas récente et remonte aux élections européennes de 1999 où les deux hommes se sont opposés sur deux listes différentes. Les campagnes présidentielles de 2007 et 2012 ont fini de creuser le fossé.

La guerre a pris un nouveau tour, lundi 31 octobre, en raison de la virulence des échanges. A trois semaines du premier tour de la primaire, le cas François Bayrou est en train de devenir un enjeu de la campagne. Franceinfo revient sur les épisodes de cet affrontement.

1François Bayrou assène les premiers coups

François Bayrou a déclaré depuis longtemps son soutien à Alain Juppé dans le cadre de la primaire à droite, mais le président du MoDem a accéléré sa campagne en septembre. Comme l'a relevé L'Express, le maire de Pau multiplie les tacles depuis la rentrée, estimant que l'ancien chef de l'Etat devrait être écarté pour ne pas avoir "respecté les règles de l'élection présidentielle", le comparant à Donald Trump ou en dénonçant "l'obsession de l'identité" de Nicolas Sarkozy.

2Le camp Sarkozy contre-attaque

Dans une tribune publiée dans le JDD, dimanche 23 octobre, 165 élus sarkozystes dénoncent le "retour opportuniste" de François Bayrou qui porterait la menace d'une "compromission idéologique" dans la préparation de la future majorité à l'Assemblée. François Baroin, Eric Ciotti, Maurice Leroy, François Sauvadet et consorts en profitent pour plaider pour une alternance "solide, franche et visible".

Il s'agit en fait de la première étape d'une stratégie de Nicolas Sarkozy : depuis, les attaques contre François Bayrou sont omniprésentes dans les discours du candidat à la primaire. A Marseille, il déclaire ainsi : "Je ne veux pas gouverner avec des centristes qui soient avec nous le lundi pour gagner la mairie de Pau, et le mardi avec Hollande."

Jusqu’où les compromissions avec François Baryou vont-elles nous mener ?

Nicolas Sarkozy

3Alain Juppé tape du poing sur la table

"Ecoutez, ça suffit avec Bayrou. Cette espèce d'obsession anti-Bayrou, ça commence à bien faire !" finit par s'emporter Alain Juppé sur France Inter. Comprenant la stratégie mise en place par les sarkozystes, le maire de Bordeaux décide de riposter. "On ne va pas continuer à excommunier les uns et les autres", lâche le favori des sondages pour répondre aux accusations de trahison à la place de François Bayrou.

4François Bayrou répond à Nicolas Sarkozy 

"Ça sent la panique dans les rangs", commente ensuite François Bayrou sur BFMTV avant de démentir un hypothétique accord avec Alain Juppé sur une nomination à Matignon. Puis voyant que les attaques sarkozystes reprendre de plus belle, le maire de Pau hausse le ton dans un message publié sur Facebook.

Il y reproche à Nicolas Sarkozy son "mépris", sa "violence", sa "perpétuelle exagération de caricature" ou encore son "excitation du sectarisme et de l'intolérance", avant de prédire une défaite à Nicolas Sarkozy : "Les Français (...) s’apprêtent à lui dire non. Une deuxième fois."

Pour moi, un président qui n’est pas un rassembleur n’est pas un président.

François Bayrou

sur son compte Facebook

5Nicolas Sarkozy acte la rupture définitive

Piqué par la réponse de François Bayrou, Nicolas Sarkozy en remet une couche dans un entretien accordé à plusieurs quotidiens régionaux : "La violence de la charge dont il a fait preuve à mon égard ce week-end démontre à quel point il utilise le langage de la gauche et rend désormais injustifiable une quelconque alliance entre le vainqueur de l’élection primaire et François Bayrou."

Le challenger de la primaire s'interroge ensuite : "Qu'a promis M. Juppé à M. Bayrou en échange de son soutien, en plus de lui accorder un grand nombre de sièges de députés ?" Une question à laquelle le journal Le Monde a tenté de répondre en interrogeant l'entourage du maire de Bordeaux. Si les discussions sont restées entre François Bayrou et Alain Juppé, le président du MoDem souhaiterait obtenir un groupe parlementaire, soit quinze députés.

Je refuse que la future majorité soit sous le chantage permanent de M. Bayrou qui s'est par exemple opposé à la réforme des retraites en 2010.

Nicolas Sarkozy

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