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La haine entre Bayrou et Sarkozy résumée en trois dates-clés

A moins de trois semaines du premier tour de la primaire à droite, les attaques du camp Sarkozy se multiplient à l'encontre du patron du MoDem, soutien d'Alain Juppé. Les deux hommes nourrissent des rancunes depuis plus de dix ans.

Article rédigé par
Axel Roux - franceinfo
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
François Bayrou, lors d'un débat télévisié avant le premier tour de l'élection présidentielle, le 8 avril 2007. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

"Bayrou a trahi ses idées, ses convictions, et aujourd’hui il veut toucher la rançon de ses trahisons." La violente charge est signée du porte-parole de Nicolas Sarkozy, Eric Ciotti. Le député des Alpes-Maritimes répondait, dimanche 30 septembre, sur France Inter, à un billet au virtriol publié la veille sur Facebook par le maire de Pau, François Bayrou. Le leader du MoDem y fustige le comportement "violent", "méprisant" et "insultant" de Nicolas Sarkozy.

Repoussoir pour une partie de l'électorat de droite, l'offensive anti-Bayrou constitue en effet pour les sarkozystes un moyen d'atteindre Alain Juppé, accusé de compromission avec la gauche. Un nouvel épisode dans la guerre ouverte entre deux poids lourds de la vie politique française qui dure depuis plusieurs années.

11999, première foire d'empoigne télévisée

Les deux routards de la politique se connaissent très bien. Entre 1993 et 1995, tous les deux sont ministres du gouvernement Balladur. François Bayrou a alors 41 ans quand il hérite de l'Education nationale ; Nicolas Sarkozy, 38 ans, prend la tête du Budget. Auparavant, les deux hommes ont participé aux négociations pour le rapprochement entre le parti gaulliste et les centristes, rappelle Paris Match. Tous deux soutiendront la candidature malheureuse d'Edouard Balladur à la présidentielle de 1995. Un choix qui vaudra à Nicolas Sarkozy d'être banni de la chiraquie, à l'inverse du centriste qui gardera son siège de ministre. Première discordance.

La rivalité entre les deux hommes démarre véritablement aux élections européennes de 1999. Les deux responsables conduisent des listes concurrentes sur fond de division entre la droite et le centre. François Bayrou ne souhaite pas d'alliance avec la liste de droite conduite d'abord par Philippe Séguin, puis Nicolas Sarkozy. La campagne vire à la foire d'empoigne, comme lors de ce débat, sous les yeux amusés du candidat du PS François Hollande et PCF Robert Hue.

22007, première bataille pour l'Elysée

Le centriste tente une première échappée présidentielle en 2002 mais termine alors loin derrière le candidat de la droite, Jacques Chirac, avec 6,84% des suffrages. En 2007, après une campagne commune en 2005 en faveur du "oui" à la Constitution européenne, François Bayrou décide taper du poing dans sa campagne présidentielle. Objectif : se démarquer le plus possible de son rival Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy et François Bayrou réuni en meeting lors du référendum européen, en 2005. (STEVE BONET / REUTERS)

Pari gagnant : il s'impose comme le troisième homme dans les urnes... Et donc comme potentiel arbitre du second tour (entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy). Mais François Bayrou refuse de donner une consigne de vote.

A l'heure qu'il est, je ne sais pas ce que je ferai, mais je commence à savoir ce que je ne ferai pas.

François Bayrou

Quatre jours avant le second tour, le candidat UDF déclare dans Le Monde qu'il ne votera pas pour Nicolas Sarkozy dont il craint alors qu’il ne risque "d’aggraver les déchirures du tissu social", sans préciser non plus s’il voterait pour Ségolène Royal. 

Ce n'est que trois ans plus tard, sur le plateau de Vivement Dimanche, que François Bayrou avouera avoir voté blanc. Entre-temps, François Bayrou a fondé son propre mouvement, le MoDem, le 10 mai 2007, et vu une bonne partie de ses soutiens rejoindre le Nouveau Centre d'Hervé Morin, allié alors à l'UMP, comme le rappelle Le Lab.

32012, premier appel à voter contre Sarkozy

Devenu l'un des opposant les plus acerbes du quinquennat Sarkozy, François Bayrou ne mâchera jamais ses mots contre son ancien collègue du gouvernement Balladur. Critique du président "bling-bling", responsable à ses yeux de dévoyer la fonction présidentielle, auteur de Abus de pouvoir, chronique acide de la présidence Sarkozy, François Bayrou se représente tout naturellement à la course élyséenne de 2012.

François Bayrou et Nicolas Sarkozy, lors d'une visite d'une usine à Bordes (Pyrénées-Atlantiques), le 22 juin 2010. (JEAN-PIERRE MULLER / POOL)

Sans néanmoins rencontrer le même succès qu'en 2007. Avec 9,13% des voix au premier tour, le leader du MoDem annonce qu'il votera pour François Hollande. Un coup terrible pour le camp Sarkozy, convaincu qu'un soutien du maire de Pau aurait permis de remporter la bataille face à la gauche.

Une décision pas forcément suivi par la base de son électorat. Selon un sondage CSA réalisé le jour du vote, rappelle Paris Match, l'électorat de François Bayrou a nettement préféré Nicolas Sarkozy (41% des voix) à François Hollande (26%).

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