Les privilèges des ex-présidents nous coûtent 10,3 millions d'euros par an

Mediapart révèle mardi 20 septembre le contenu d'un rapport confidentiel du premier président de la Cour des comptes et du vice-président du Conseil d'État remis en 2014 à François Hollande. Le texte préconise de revoir à la baisse les avantages des ex-présidents de la République.

Les ex-présidents de la République Valéry Giscard d\'Estaing et Nicolas Sarkozy le 6 juin 2014.
Les ex-présidents de la République Valéry Giscard d'Estaing et Nicolas Sarkozy le 6 juin 2014. (CPT / MAXPPP)

10,3 millions d'euros par an. Voilà ce que coûtent les anciens président de la République, selon un rapport révélé mardi 20 septembre par le site d'information Mediapart. Appartement de fonction meublé, voiture avec deux chauffeurs, sept collaborateurs, deux personnels de maison, des lignes de téléphone, les billets de trains et d'avions gratuits, etc... Les ex-chefs de l'État touchent également une dotation annuelle de 65 000 euros, sans compter les 14 400 euros mensuels pour ceux qui siègent au Conseil constitutionnel.

Ce rapport confidentiel a été remis en 2014 à François Hollande, qui l'avait commandé en début de mandat. Le premier président de la Cour des comptes et le vice-président du Conseil d'État préconisent de réduire la voilure, en rendant certains avantages dégressifs ou en supprimant les privilèges accordés aux veuves des ex-présidents.

Un système d'avantages contesté juridiquement

Il faut savoir que ce système avantageux pour les anciens chefs de l'État est contesté sur le plan juridique : l'association Anticor a saisi le Conseil d'État, dont la décision est attendue d'ici deux à trois semaines, selon Mediapart. L'Élysée pourrait alors sortir du tiroir le décret "clé en main" qui lui est fourni avec ce rapport, afin de revoir ces privilèges et de les sécuriser juridiquement.

Selon les informations recueillis par franceinfo, plusieurs éléments incitent toutefois François Hollande à la prudence : l'état de santé de Jacques Chirac, ainsi que le statut de candidat à la présidentielle de Nicolas Sarkozy.