Deux députés FN entrent à l'Assemblée nationale

Marine Le Pen, la présidente du FN, a manqué de peu son siège dans l'hémicycle, mais sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, est élue dans le Vaucluse, tout comme Gilbert Collard, qui s'impose dans le Gard.

Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen seront les deux membres du FN à entrer à l\'Assemblée nationale.
Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen seront les deux membres du FN à entrer à l'Assemblée nationale. (SYLVAIN THOMAS / BORIS HORVAT / AFP)

Une semaine auparavant, c'est une Marine Le Pen tout sourire qui prédisait l'élection de députés frontistes. Dimanche 17 juin, le souhait de la présidente du Front national est devenu réalité. Ce sont finalement deux députés du Rassemblement bleu Marine qui vont faire leur entrée à l'Assemblée. Pour autant, l'ex-candidate du FN à la présidentielle n'entrera pas elle-même au palais Bourbon. 

• Les élus

La petite-fille de Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen (42,09%) s'impose dans la 3e circonscription du Vaucluse, face au député sortant UMP Jean-Michel Ferrand (35,82%) et à la PS Catherine Arkilovitch (22,08%). Jean-Marie Le Pen a fait le déplacement pour saluer l'élection de sa petite-fille.

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Autre élu du FN : l'avocat Gilbert Collard. Habitué des coups d'éclat médiatiques, de l'affaire de la profanation du cimetière juif de Carpentras (Vaucluse) à celle, plus récente, de l'Arche de Zoé, l'avocat est élu dans la 2e circonscription du Gard. Victorieux (avec 42,82% des voix) d'une triangulaire contre le sortant UMP Etienne Mourrut (15,63%) et la socialiste Katy Guyot (41,56%), l'homme de robe, âgé de 64 ans et propriétaire d'un mas en Petite Camargue, a fait campagne en voisin entre Vauvert et Saint-Gilles. Après sa victoire, Gilbert Collard a dit vouloir "faire entendre la voix d'un peuple qui en a assez" et exercer à l'Assemblée nationale "une mission de casse-couilles démocratique" qui "ne laissera rien passer".

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• Les battus

Le cas le plus emblématique et le plus attendu concernait la tête de pont du FN. Marine Le Pen a perdu son duel face au candidat PS Philippe Kemel dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Le candidat socialiste l'emporte à quelques voix près (50,11%) face à la présidente du FN (49,89%). Un score si serré que Marine Le Pen a dans un premier temps demandé le recomptage des voix dans la circonscription d'Hénin-Beaumont, avant d'annoncer le dépôt d'un recours du FN contre l'élection de Philippe Kemel.  

Les "114 voix d'écart m'apparaissent vraiment très très faibles (...), ça mérite d'aller vérifier de près ce qu'il en est", a déclaré Marine Le Pen sur France 2 peu après 20 heures. 

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Louis Aliot, numéro 2 du FN et compagnon de Marine Le Pen, est sèchement battu dans la 1re circonscription des Pyrénées-Orientales. Au terme d'une triangulaire, il rassemble 23,24% des voix face au socialiste Jacques Cresta (42,95%, élu) et à l'UMP Daniel Mach.

Dans la 6e circonscription de MoselleFlorian Philippot, énarque et ancien directeur de campagne de Marine Le Pen, est battu (46,3%) face au PS Laurent Kalinowski (53,7%).

• Ce qui s'est passé

De nombreux rebondissements ont rythmé la campagne des législatives du FN. Le premier fut le duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, opposés dans une lutte féroce dans le Pas-de-Calais. A l'image de leur présidente, les candidats frontistes ont réalisé des scores solides au premier tour avec 13,60% des voix, dans le sillage de la présidentielle.

Les 59 candidats du Rassemblement bleu Marine en lice pour le second tour ont alors dû affronter la menace d'un front républicain dans les 32 circonscriptions confrontées à une triangulaire. Ce fut le cas pour Gilbert Collard dans le Gard, où Etienne Mourrut, candidat UMP, ne s'est pas désisté, malgré une grande hésitation, dans une ambiance tendue. Un maintien issu de la stratégie du "ni-ni" de l'UMP, "ni alliance avec le FN, ni désistement pour le PS". 

Seul Roland Chassain, candidat UMP dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhone, s'est officiellement désisté en faveur de la candidate frontiste Valérie Laupies. Face à toutes ces polémiques, Marine Le Pen a établi une liste noire des candidats UMP et PS à faire battre au second tour.

Après presque une année de campagne continue, entre présidentielle et législatives, ce sont donc deux candidats qui vont faire leur entrée à l'Assemblée. Au final, cela ne devrait pas avoir de grandes répercussions sur la vie de la future législature.