Législative partielle dans le Doubs : "L'événement le plus important, c'est le score du FN"

Le candidat PS Frédéric Barbier a emporté l'élection avec 51,43% des suffrages, mais le FN montre sa force en obtenant plus de 48% des voix.

La candidate du FN Sophie Montel, le 8 février 2015, lors du deuxième tour de l\'élection législative partielle de la 4e circonscription du Doubs.
La candidate du FN Sophie Montel, le 8 février 2015, lors du deuxième tour de l'élection législative partielle de la 4e circonscription du Doubs. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Le socialiste Frédéric Barbier a gagné d'une courte tête le duel qui l'opposait dimanche 8 février à la candidate du FN, Sophie Montel, au second tour de la législative partielle dans la 4e circonscription du Doubs. Au terme de ce scrutin qui avait valeur de test national, le PS obtient 51,43% des suffrages contre 48,57% pour le FN. Pour analyser ces scores, francetv info a interrogé le politologue Gérard Grunberg.

Le PS relève légèrement la tête

Une courte victoire mais une victoire quand même, doivent se dire les responsables socialistes. Avec un score de 51,43%, le parti de François Hollande est passé près de la catastrophe. Finalement, il décroche sa première victoire électorale depuis les élections de 2012, après avoir échoué lors des 13 législatives partielles précédentes. "Les socialistes doivent être soulagés, c'est une victoire avec un impact national", estime Gérard Grunberg. Il rappelle que l'exécutif s'est fortement engagé dans cette élection, Manuel Valls se déplaçant à deux reprises dans le Doubs.

Le candidat PS Frédéric Barbier avait obtenu 7 416 voix (soit 28,85%) au premier tour de cette élection. Il a donc largement amélioré son score, avec 15 504 voix. "L'ensemble de la gauche a fait 33-34% au premier tour, ce qui montre que les socialistes sont encore capables de mobiliser, ajoute Gérard Grunberg. Ensuite, il faudra tâcher de savoir s'ils ont récupéré une partie des voix de la droite ou s'ils sont parvenus à mobiliser leurs abstentionnistes."

Le FN prend une nouvelle dimension

"Le grand vainqueur, c'est le Front national", a déclaré Sophie Montel malgré sa défaite. La candidate frontiste a obtenu 14 641 voix lors du second tour (48,57%), soit 6 000 voix de plus que lors du premier tour. "L'événement le plus important dans cette élection, c'est le score du FN, explique Gérard Grunberg. Le Front national confirme qu'il est totalement entré dans le jeu politique. Pour moi, c'est un tournant du quinquennat et du système politique français, car l'opposition FN-non FN est devenue au moins aussi importante que le clivage gauche-droite."

Le politologue ajoute que le candidat socialiste l'a très bien montré dans son discours en appelant à l'unité nationale et en remerciant les responsables UMP qui avaient appelé à voter pour lui.

"Les responsables politiques des grands partis vont avoir des choix stratégiques à faire dans les mois à venir", ajoute Gérard Grunberg, en expliquant que partout en Europe se produit "un changement de paradigme avec des recompositions politiques", avec des alliances entre la gauche et la droite devant la montée de partis populistes.

L'UMP en grande difficulté

"L'UMP est pour moi le grand perdant de cette élection, car d'abord le premier tour a montré que ce n'était plus le grand parti d'opposition, estime Gérard Grunberg. Ensuite, l'UMP se retrouve en très grande difficulté, car les responsables de l'UMP vont devoir faire des choix stratégiques pour les élections à venir en s'interrogeant sur ses alliances."

"La question qui se pose, c'est : l'UMP peut-elle continuer à se battre sur deux fronts et gagner ? s'interroge le politologue. L'UMP va sans doute reconsidérer sa stratégie, car, dans les élections à venir, elle risque d'avoir besoin des socialistes pour battre le FN." Mais le parti risque de se retrouver dans une mauvaise posture : ses cadres comme son électorat sont divisés sur la stratégie à adopter.