Le Drian annonce des mesures pour les victimes de violences sexuelles dans l'armée

Une cellule, baptisée Thémis, va accompagner et écouter les victimes de violences sexuelles.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le 6 avril 2014 à Thones (Haute-Savoie).
Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le 6 avril 2014 à Thones (Haute-Savoie). (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

L'armée va lutter plus efficacement contre les violences sexuelles. Devant 200 hauts responsables civils et militaires, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé, mardi 15 avril, des mesures de protection et d'accompagnement pour les victimes, à l'occasion de la remise du rapport sur la prévention des risques de harcèlement sexuel et moral dans les armées.

En février, un livre d'enquête, intitulé La Guerre invisible, avait dénoncé les violences faites aux femmes militaires dans l'armée.

Des mesures concrètes 

Lundi, le ministre avait promis une dizaine de mesures contre les risques d'harcèlement sexuel et moral. Parmi celles annoncées mardi figurent la création d'une cellule d'écoute, baptisée Thémis, du nom de la déesse grecque de la justice.

Concrètement, cette dernière recevra les signalements, les traitera "en enquêtant indépendamment de la hiérarchie"et pourra proposer des mesures disciplinaires, "indépendamment de l’éventuelle procédure judiciaire". Elle sera enfin chargée de "vérifier la mise en œuvre de mesures de protection de la victime" de l'"accompagner [ainsi que le commandement] pour la définition des suites judiciaires à donner à l’événement" et "d’informer la victime et de s’assurer des conditions de la poursuite de son parcours professionnel".

La notion de "harcèlement" va également faire son entrée dans le Code de la défense.

Une avancée symbolique

Autre mesure, cette fois plus symbolique, la Marine va autoriser trois femmes à embarquer à bord d'un sous-marin en 2017, une première historique "à titre expérimental", selon une conseillère du ministre. Cette expérience pourrait conduire à terme à l'ouverture pérenne de la filière sous-marine au personnel féminin.

La formation débutera en 2015 pour ces trois officiers, qui devraient pouvoir embarquer en 2017 à bord d'un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE), a annoncé le ministre de la Défense.

Cette annonce survient alors que le plan d'action présenté mardi demande d'"organiser la mixité du personnel dans les locaux de vie", citant par exemple "la séparation des sanitaires et des chambrées", entre autres, "pour éviter de créer des situations de promiscuité favorisant les risques de dérapage".