"L'écologie est rétrogradée en 2e division" : réactions mitigées après la nomination d'Elisabeth Borne au ministère de l'Ecologie

Elisabeth Borne, qui reste parallèlement ministre des Transports, n'a pas le statut de ministre d'Etat, comme ses prédécesseurs à ce poste, Nicolas Hulot puis François de Rugy.

La ministre Elisabeth Borne quitte l\'Elysée, le 6 février 2019, à Paris.
La ministre Elisabeth Borne quitte l'Elysée, le 6 février 2019, à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)
#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a été nommée, mardi 16 juillet, pour succéder à François de Rugy au ministère de l'Ecologie. Cette ingénieure de 58 ans, sortie de Polytechnique en 1981, haute fonctionnaire marquée à gauche, est déjà la troisième à prendre en charge l'environnement sous le quinquennat d'Emmanuel Macron, après les mandats écourtés de Nicolas Hulot puis François de Rugy.

Elisabeth Borne a déjà fait ses preuves au gouvernement en conduisant la délicate réforme de la SNCF et a déjà piloté les dossiers écologiques sous Ségolène Royal, dont elle a dirigé le cabinet lorsqu'elle était ministre de l'Environnement. Mais Elisabeth Borne, qui gardera le portefeuille des Transports, sans pour autant reprendre le titre de ministre d'Etat de ses prédécesseurs, ne fait pas l'unanimité.

"Décalage entre les discours et les actes"

"Elle n'est pas ministre d'Etat. Une ministre des Transports qui a accompagné le déclin des petites lignes et la réduction du fret ferroviaire (et pas uniquement Perpignan-Rungis). Encore le décalage entre les discours et les actes", s'inquiète ainsi Julien Bayou, porte-parole d'Europe Écologie-Les Verts.

"Nommer à l'Ecologie celle qui s'apprête à remettre 25 000 camions sur les routes en fermant la ligne Perpignan-Rungis, c'est fort !", se moque aussi le PCF sur Twitter. "La nomination d’Elisabeth Borne, faiseuse d’autoroutes et défaiseuse de rails, confirme que l'inconséquence écologique résistera à la démission de François de Rugy", estime aussi le député LFI Adrien Quatennens.

Julien Odoul, membre du bureau national du RN, n'est pas plus enthousiaste. "Deux enseignements : le banc de touche de l'équipe Macron est terriblement pauvre. L'écologie est rétrogradée en 2e division en perdant son ministère d'Etat quelques semaines après le verdissement de l'acte 2 du quinquennat", pique-t-il sur Twitter.

"L'alliance des convictions et des compétences"

Heureusement que les députés LREM ont assuré le service après-vente pour se réjouir de l'arrivée d'Elisabeth Borne à l'Ecologie. "Je salue la nomination d'Elisabeth Borne comme ministre de l'Ecologie. Notre groupe apprécie de travailler avec la ministre qui a déjà porté deux lois essentielles du quinquennat : la réforme de la SNCF et la loi sur les nouvelles mobilités", se réjouit sur Twitter Gilles Le Gendre, chef de file des députés LREM.

"Une excellente nouvelle pour la transition écologique et solidaire ! L'alliance des convictions et des compétences, ce qu'est et devra toujours être l'ADN d'En marche", ajoute le député LREM Aurélien Taché. "Bon courage et pleine réussite chère Elisabeth Borne. Travaillons ensemble à la transition agroécologique pour une agriculture compétitive, innovante et durable", écrit de son côté Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture.