François de Rugy a utilisé son indemnité de frais de mandat pour payer ses cotisations d’élu à EELV, selon Mediapart

Au total, le ministre démissionnaire est accusé d'avoir versé illégalement dans les caisses de son parti, Europe Ecologie-Les Verts, 9 200 euros puisés dans son indemnité représentative de frais de mandat. 

François de Rugy inaugure la centrale photovoltaïque de Quinipily, dans la commune de Baud (Morbihan), le 8 juillet 2018. 
François de Rugy inaugure la centrale photovoltaïque de Quinipily, dans la commune de Baud (Morbihan), le 8 juillet 2018.  (MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / AFP)

"Ces informations ont fini de fragiliser François de Rugy." Mardi 16 juillet, Mediapart a publié de nouvelles révélations concernant l'ancien ministre de la Transition écologique, François de Rugy, quelques minutes à peine après l'annonce de sa démission en début d'après-midi. 

Cette fois, le média d'investigation accuse l'ancien numéro deux du gouvernement d'avoir utilisé son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) pour payer une partie de ses cotisations à Europe Ecologie-Les Verts (EELV) en 2013 et 2014. Au total, il est accusé d'avoir versé dans les caisses de son parti 9 200 euros puisés dans son indemnité de frais de mandat : 7 800 euros le 26 décembre 2013, 1 400 euros en décembre 2014, toujours depuis son compte IRFM, écrit Mediapart.

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Or, "l’IRFM, qui a été réformée en 2017 dans le but de renforcer son contrôle, n’avait pas vocation à être utilisée pour financer un parti politique, détaille le site. De plus, François de Rugy a déduit ces versements du calcul de son impôt sur le revenu 2015, ce qui interroge sur le plan fiscal, l’IRFM étant défiscalisée."

Une enquête qui "a précipité sa démission" 

"Je suis soumis à un feu roulant de questions nouvelles et contraint de parer sans cesse à de nouvelles attaques", a déclaré sur Facebook François de Rugy, dans le message annonçant sa démission. Déplorant une "volonté de nuire, de salir, de démolir", l'ancien numéro deux du gouvernement a annoncé avoir déposé une plainte en diffamation contre Mediapart. 

Du côté du site, les journalistes à l'origine de ces dernières révélations dressent un lien direct entre celles-ci et la démission du ministre de la Transition écologique. "François de Rugy a utilisé ses frais de mandat de député (non fiscalisés) pour 1) payer ses cotisations à EELV et 2) défiscaliser ensuite ces dons dans sa déclaration de revenus, selon la dernière enquête de Mediapart qui a précipité sa démission du gouvernement", a tweeté le journaliste Fabrice Arfi. 

"Nos questions lui ont été envoyées hier [lundi], nous attendions ses réponses pour 14 heures, et ce sera l'annonce de sa démission. Notre enquête révèle les détournements de ses frais de député", a affirmé Edwy Plenel, cofondateur et dirigeant du site, sur Twitter, en partageant l'enquête.