Fan de Giscard, ex-journaliste et "dandy"... Cinq choses à savoir sur Gilles Le Gendre, le nouveau patron des députés LREM

Jusqu'alors vice-président et porte-parole du groupe, le député de Paris a été élu dans un scrutin interne par 157 voix contre 107 pour son adversaire Roland Lescure.

Le député Gilles Le Gendre, lors d\'une séance de questions au gouvernement, le 7 mars 2018, à l\'Assemblée nationale, à Paris. 
Le député Gilles Le Gendre, lors d'une séance de questions au gouvernement, le 7 mars 2018, à l'Assemblée nationale, à Paris.  (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Le groupe La République en marche a un nouveau président. Gilles Le Gendre a été élu au second tour d'un scrutin interne par 157 voix contre 107 pour Roland Lescure, député des Français de l'étranger. Membre de la commission des finances, cet ancien journaliste a pris de la place ces derniers mois au sein du groupe LREM. Franceinfo vous détaille cinq choses à savoir sur le nouveau chef de file des députés de la majorité.

1Il est novice en politique

Gilles Le Gendre débute en politique en s'engageant dans l'aventure En marche ! d'Emmanuel Macron au cours de l'année 2016. Il hésite au début à sauter le pas, selon ses confidences faites au JDD (article abonnés) "Une idée m'angoisse. Celle qu'Emmanuel Macron puisse être en train de préparer le terrain pour François Hollande."

Il se décide finalement et devient référent du mouvement pour les 5e et 6e arrondissements de Paris et découvre les joies d'une campagne électorale : "Remplir sa voiture de tracts, les distribuer, coller les affiches, motiver les équipes, organiser les débats." L'année 2017 fut "délicieuse, exaltante, amusante comme tout", ajoute-t-il dans le JDD. Il semble piqué par le virus de la politique. Il se présente alors aux élections législatives et réussit à battre Nathalie Kosciusko-Morizet et Henri Guaino dans la 2e circonscription de la capitale, un bastion de la droite.

2Plus jeune, il accrochait des posters de Giscard au-dessus de son lit

Même s'il est novice en politique, le nouveau chef de file des députés LREM cultive un goût pour la chose politique depuis tout petit. En 1974, l'adolescent milite pour la campagne de Valéry Giscard d'Estaing et placarde des affiches électorales dans son lycée catholique de Notre-Dame-de-Sainte-Croix à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), confie-t-il au JDD. "J'avais son portrait accroché au-dessus de mon lit !", jure-t-il. 

Une affiche du candidat Valéry Giscard d\'Estaing pour les élections présidentielles de 1974.
Une affiche du candidat Valéry Giscard d'Estaing pour les élections présidentielles de 1974. (SCIENCES PO / CEVIPOF)

3Il a été longtemps journaliste

Avant de se lancer dans l'arène politique, Gilles Le Gendre a écumé les rédactions parisiennes pendant une vingtaine d'années. Diplômé de Sciences Po et du Centre de formation des journalistes, Gilles Le Gendre a débuté sa carrière de journaliste à Europe 1 et à L’Usine nouvelle, résume le magazine des anciens de Sciences Po. A la fin des années 1980, il grimpe les échelons du journalisme économique. Il prend des fonctions de direction à L’Expansion, au Nouvel économiste, à L'Evénement du jeudi, puis à Challenges.

Ce libéral convaincu se lance ensuite dans une nouvelle vie professionnelle en devenant directeur de la communication de la Fnac, avant de fonder sa propre entreprise de conseils en stratégie nommée Explora & Cie. Ces différentes expériences lui ont apporté des qualités managériales. Selon le JDD, ceux qui l'ont fréquenté dans les rédactions ou dans le secteur privé ne tarissent pas d'éloges sur son style et sa méthode : "facilités relationnelles, communication souriante, générosité de l'écoute, aisance spontanée".

4Il est décrit comme un dandy

Gilles Le Gendre marque ses interlocuteurs par ses manières. Le Figaro évoque ainsi "son style de dandy et son vocabulaire légèrement suranné". Le JDD note "ses phrases à rallonge aux adjectifs racés, son extrême politesse venue d'une stricte éducation catholique… Tout, chez cet homme, est d'une élégance nonchalante un peu surannée."

Mais s'il a réussi à emporter l'adhésion des députés LREM, c'est avant tout grâce à ses qualités relationnelles."Il a gagné car il connaît tous les députés du groupe et parce qu’avec lui, chacun se dit qu’il sera considéré. Chacun connaît ses talents d’animateur", confie au Monde un pilier de la majorité. "C’est le vote pour un député engagé, disponible, bosseur et sincère", ajoute dans le quotidien Aurore Bergé, porte-parole du groupe.

5Il est proche de Richard Ferrand

Depuis plusieurs mois, le vice-président du groupe LREM s'est imposé comme le second de Richard Ferrand et son successeur naturel. "Il prend de l'épaisseur, intervient de plus en plus en réunion", constatait, en mars dernier, un député LREM dans Le Figaro (article abonnés). Quand Richard Ferrand est absent, c'est Gilles Le Gendre qui le remplace à la réunion de groupe hebdomadaire. Il apparaît de plus en plus comme le "président bis" ou le "numéro 2", ajoute le quotidien.

Ce proche de Richard Ferrand faisait figure de favori du gouvernement, même si l'exécutif ne s'est pas prononcé officiellement pour un candidat, affirme Le MondeDans sa profession de foi de candidat, il a plaidé pour "plus de collégialité", "plus de politique" et "plus d'efficacité". Il va devoir se mettre rapidement au travail pour souder les rangs d'une majorité en proie aux divisions, avec l'apparition de frondeurs et le récent départ de la députée Frédérique Dumas (Hauts-de-Seine) dénonçant des "incompréhensions" au sein du groupe.