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La modulation des allocations familiales "pour l'instant pas retenue" selon Hollande

Des députés socialistes ont relancé l'idée d'une modulation des allocations familiales selon les revenus, pour le budget de la Sécurité sociale 2015. Alors que le sujet fait débat, le chef de l'Etat assure que l'idée n'est pas "retenue pour l'instant".
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 (La modulation des allocations familiales soutenue par les députés socialistes © Maxppp)

C'est un sujet ultra sensible qui a été relancé mercredi par les députés socialistes, à l'occasion de la présentation en conseil des ministres du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2015. Il s'agit de l'idée de moduler les allocations familiales en fonction des ressources des familles. Aujourd'hui, les familles modestes et les familles aisées reçoivent la même somme, selon un principe "d'universalité"  : 129,35 euros pour deux enfants, 295,05 pour trois enfants, 460,77 pour quatre. Il s'agirait donc de rendre ces allocations dégressives : plus les revenus sont élevés, plus les allocations baissent.

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Mercredi soir François Hollande a indiqué que le gouvernement se montrait ouvert à cette idée, mais a priori pas pas pour l'an prochain. "La modulation des allocations familiales n'est pas une réforme structurelle. C'est simplement une technique pour faire des économies ou un principe qui pour l'instant est en discussion et n'a pas été retenu ", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à la fin d'une réunion européenne sur l'emploi, à Milan.

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Position "très majoritaire" parmi les députés socialistes

Le projet de budget de la Sécurité sociale prévoit 700 millions d'euros d'économies dans les prestations familiales. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement propose notamment une nouvelle réforme du congé parental, afin d'avoir un partage plus équitable entre pères et mères, et une division par trois de la prime à la naissance à partir du deuxième enfant. 

Mardi en réunion de groupe PS à l'Assemblée, la députée Laurence Dumont avait proposé de remplacer la réforme du congé parental par la mise sous condition de ressources des allocations familiales. De nombreux députés ont approuvé. Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, fait état d'une "position très majoritaire " parmi les députés socialistes.

 

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Le président de l'Assemblée Claude Bartolone a également jugé que c'était une "bonne idée " mais qu'elle nécessitait une "étude d'impact ". Sur France Info mercredi matin la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine se montrait réservée sur cette modulation : "Cette proposition n'est pas celle du gouvernement ", qui va néanmoins en discuter avec les parlementaires, avait-t-elle réagi.

►►► Retrouvez l'interview de Marisol Touraine sur France Info

Ne pas toucher à "l'universalité"

Mais le sujet reste sensible, comme en témoignent les réactions de tous bords. Une voie "désastreuse" et "irresponsable" pour l'Union nationale des associations familiales (Unaf), un sacrifice "sur l'autel de l'austérité bruxelloise" pour le FN, un "acquis du Conseil national de la résistance" à ne pas toucher pour le Front de gauche.

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