Ce que prévoit le plan de l'Etat pour lutter contre le racisme et l'antisémitisme

Le Premier ministre, Manuel Valls, a présenté, vendredi, une série de mesures très attendues dans un contexte de recrudescence des actes antimusulmans et antisémites depuis les attentats de janvier en France.

Le Premier ministre, Manuel Valls, à Paris, le 16 avril 2015.
Le Premier ministre, Manuel Valls, à Paris, le 16 avril 2015. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

"Le racisme, l'antisémitisme, la haine des musulmans, des étrangers, l'homophobie augmentent de manière insupportable dans notre pays", a martelé Manuel Valls. Le Premier ministre a détaillé, vendredi 17 avril, à Créteil (Val-de-Marne), un plan de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, très attendu qui bénéficiera d'un investissement de 100 millions d'euros sur trois ans.

"Il y avait une nécessité de passer de l'indignation à l'action, a justifié Manuel Valls. Tant de destins personnels sont entravés par le poids insupportable des discriminations." Avec ce plan, le Premier ministre cible notamment la jeunesse, "qui connaît la violence et peut être fascinée par la haine". Ce plan comprend 40 mesures articulées autour de la justice, d'internet et de l'éducation. Voici ce qu'il faut en retenir.

Sanctionner plus efficacement

Tout d'abord, le gouvernement souhaite que la justice puisse sanctionner plus lourdement. "Les paroles, les écrits de haine, qu'ils soient racistes ou homophobes ne relèvent plus du droit de la presse mais du droit pénal avec des peines adaptées, a prévenu Manuel Valls. Le caractère aggravant du racisme et de l'antisémitisme pour un délit de droit commun sera, en outre, inscrit dans le droit pénal." 

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En février, François Hollande avait promis des "sanctions plus rapides et plus efficaces", lors du 30e dîner annuel du Crif, souhaitant que "tout propos de haine, raciste, antisémite ou homophobe ne relève plus du droit de la presse mais du droit pénal". Il avait déjà promis de renforcer le caractère aggravant de la connotation antisémite d'un délit.

Renforcer le contrôle d'internet

"La passivité sur internet, c'est fini", a poursuivi le Premier ministre. Le plan prévoit la mise en place d'une "unité de lutte contre la haine sur internet". Selon Le Monde, elle serait "composée d’officiers de police judiciaire" et "sera chargée d’améliorer le signalement et le suivi des actes et des propos racistes et antisémites sur la toile".

Le gouvernement veut aussi obliger les hébergeurs de contenu à "disposer d'une représentation juridique en France", a prévenu Manuel Valls.

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Mettre en place une campagne de communication

Enfin, les 100 millions d'euros prévus dans ce plan serviront notamment à financer une "grande campagne de communication", mais aussi des actions au niveau local, a précisé Gilles Clavreul, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. "Il y aura aussi 25 millions par an pour des politiques de lutte contre le racisme", dans le cadre de la politique de la Ville, a-t-il ajouté.