Dîner du Crif : Hollande veut renforcer l'arsenal répressif

Le chef de l'Etat a appelé, lundi, à des "sanctions plus rapides et plus efficaces" contre les "propos de haine".

François Hollande s\'exprime lors du 30e dîner annuel du Crif, le 23 février 2015, à Paris.
François Hollande s'exprime lors du 30e dîner annuel du Crif, le 23 février 2015, à Paris. (ETIENNE LAURENT / AFP)

Il a tenu à "répondre aux inquiétudes" de la communauté juive. Le président François Hollande a annoncé, lundi 23 février, un renforcement de l'arsenal répressif contre le raciste et l'antisémitisme, lors du 30e dîner annuel du Crif. L'événement était boycotté par les représentants du Conseil français du culte musulman , choqués par des propos du président du Crif, Roger Cukierman.

"Il n'y a pas d'antisémitisme ordinaire", a déclaré le chef de l'Etat, parlant d'une "lèpre" qui est "toujours là 70 ans après la Shoah" et que "la France combattra sans faiblesse". Manuel Valls présentera "dans les prochains jours" un plan "aussi complet que concret", a-t-il précisé.

Le projet de loi sur le renseignement présenté le 18 mars

Des "sanctions plus rapides et plus efficaces" vont être prises, a-t-il ajouté, souhaitant que "tout propos de haine, raciste, antisémite ou homophobe ne relève plus du droit de la presse mais du droit pénal". De plus, sera renforcé le caractère aggravant de la connotation antisémite d'un délit.

"Nous allons renforcer les outils du droit" contre les personnes tentées par le jihadisme, a par ailleurs indiqué François Hollande, annonçant la présentation en conseil des ministres le 18 mars prochain du projet de loi sur le renseignement. Il a insisté, "pour être efficace", sur la dimension européenne de la lutte contre le terrorisme et s'est félicité de l'application "d'ici la fin de l'année" du PNR, la communication des données des passagers aériens.

Un "cahier des charges" pour les géants d'internet

Dans le prolongement du voyage de Bernard Cazeneuve aux Etats-Unis, où il a convié en France les géants d'internet en avril, le président a placé ces majors devant leurs responsabilités : "Si vraiment les grands groupes d'internet ne veulent pas être complices du mal, ils doivent participer à la régulation". Lors de leur venue en avril, "nous fixerons un cahier des charges clair et précis avec ces géants d'internet et je vous assure que nous contrôlerons son application". De plus, les moyens de la plate-forme Pharos de signalement de contenus illicites seront renforcés.