Jean-Christophe Cambadélis officiellement désigné premier secrétaire du PS

Le conseil national du PS a donné son aval à la nomination de Jean-Christophe Cambadélis, mardi, en remplacement d'Harlem Désir, nommé au gouvernement.

Jean-Christophe Cambadélis, lors d\'un conseil national du PS, le 12 septembre 2012 à Paris.
Jean-Christophe Cambadélis, lors d'un conseil national du PS, le 12 septembre 2012 à Paris. (CHESNOT /SIPA)

Cette fois, c'est officiel. Le conseil national du Parti socialiste a donné son aval à la nomination de Jean-Christophe Cambadélis au poste de premier secrétaire, mardi 15 avril, en lieu et place d'Harlem Désir, nommé au gouvernement. Il a recueilli 67,12% des voix, selon des chiffres communiqués par son entourage à l'AFP. Son seul concurrent, Sylvain Mathieu, un trentenaire inconnu du grand public mais soutenu par plusieurs courants de l'aile gauche du parti, a recueilli 32,88% des voix.

Cambadélis, un apparatchik du PS

Cette nomination apparaît comme une revanche pour Jean-Christophe Cambadélis, ancien lieutenant de Dominique Strauss-Kahn, et candidat malheureux au poste de premier secrétaire en 2012. Elu pour la première fois à l'Assemblée en 1988, le député de Paris avait été le rival d'Harlem Désir pour succéder à Martine Aubry. Battu, il était devenu secrétaire national du PS chargé de l'Europe et de l'International. A ce titre, il devait cette année diriger la campagne du PS pour les européennes, comme il l'avait d'ailleurs déjà fait en 2009.

Dès sa défaite face à Harlem Désir en 2012, Jean-Christophe Cambadélis avait tout fait pour se construire une image de "premier secrétaire bis", racontait Le Monde en décembreprofitant de chacune des difficultés de son camarade. "'Camba' souffle constamment le chaud et le froid, glissait un cadre du parti au quotidien. Il a choisi d'emmerder Harlem aussi souvent qu'il le peut, par calcul autant que par conviction." Aujourd'hui au poste qu'il souhaitait occuper depuis des années, le principal intéressé évoque dans Libération "un aboutissement".

Une nomination contestée au sein du parti

Cette nomination de Jean-Christophe Cambadélis, imaginée et pilotée en coulisses par François Hollande, est toutefois loin de faire l'unanimité au sein du PS. Sur la forme, plusieurs voix se sont élevées contre la méthode de désignation, suspectant le chef de l'Etat d'avoir exfiltré Harlem Désir du PS par mécontentement à son égard. Le député Malek Boutih s'est par exemple dit préoccupé par "ce jeu de chaises musicales", et par ses effets dans l'opinion. La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann a, elle aussi, déploré "une pré-désignation" de Jean-Christophe Cambadélis "par l'Elysée", y voyant "un vrai souci avec le respect des militants au sein du PS". Son collègue Gaëtan Gorce a dénoncé "une parodie de démocratie".

Pour beaucoup, le premier secrétaire doit en effet être élu lors d'un congrès réunissant les militants du parti. Au sein de l'aile gauche du PS, qui a présenté une candidature alternative face à Christophe Cambadélis, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer la mise en place d'une direction intérimaire et collégiale, jusqu'à la tenue d'un congrès extraordinaire à l'automne. Une piste rejetée mardi par une majorité de membres du conseil national. Pour le principal courant du PS, l'organisation d'une telle assemblée n'aurait fait que "rajouter de la crise à la crise" après la débâcle des municipales. "Nous ne devons pas transformer le PS en bateau ivre", a lui-même mis en garde le nouveau premier secrétaire du parti dans son discours d'intronisation.

Pour apaiser les esprits, Jean-Christophe Cambadélis a proposé de mettre en place une équipe dirigeante provisoire composée de 30 secrétaires nationaux, et a surtout promis de consulter les militants socialistes après les élections européennes du 25 mai, y compris "sur les grandes questions d'organisation et de rénovation du Parti socialiste". Une étape qui ne devrait pas l'empêcher de tenir les rênes de Solférino jusqu'au prochain congrès, prévu fin 2015.