Cambadélis prend la tête du PS, Désir attendu au gouvernement

Le député de Paris était déjà candidat à la succession de Martine Aubry en 2012.

Le député socialiste de Paris Jean-Christophe Cambadélis, le 3 mars 2014 à Paris.
Le député socialiste de Paris Jean-Christophe Cambadélis, le 3 mars 2014 à Paris. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Jean-Christophe Cambadélis va prendre la tête du Parti socialiste. C'est ce qu'ont révélé, mercredi 9 avril, des sources parlementaires à l'AFP. Harlem Désir, l'actuel premier secrétaire du PS, devrait lui être nommé au gouvernement en tant que secrétaire d'Etat.

L'"exfiltration d'Harlem [Désir] est confirmée", a déclaré l'une de ces sources, tandis que plusieurs autres confirmaient également l'information annoncée par le Nouvel Observateur.

Pourquoi Harlem Désir est-il "exfiltré" ?

L'action du premier secrétaire était contestée depuis plusieurs mois déjà. Un peu moins d'un an et demi après son élection, nombre de ses camarades regrettaient que le parti ne se fasse pas assez entendre sur les sujets de fond. La déroute du PS aux municipales n'a rien arrangé : Harlem Désir "porte une responsabilité dans la défaite", a jugé François Hollande, selon le Canard Enchaîné. "Il est nul", estime le président, selon Le Parisien.

Ces derniers jours, les attaques étaient devenues de plus en plus virulentes. "Plus personne ne veut le protéger à l'Elysée et à Matignon", affirmait un cadre du parti à L'Express. "Harlem Désir a fait du PS un parti qui ne sert plus à rien", taclait Frédéric Hocquard, secrétaire national à la culture, dans le magazine. Le parti est "devenu un parc à moutons", déplorait l'ancien premier secrétaire Henri Emmanuelli dans une interview à Mediapart (article réservé aux abonnés).

Une nomination à un secrétariat d'Etat permettrait d'offrir une porte de "sortie honorable" à Harlem Désir, expliquait encore Le Parisien. Un de ses amis glissait, dans les colonnes du quotidien, la possiblité d'un poste aux Affaires européennes.

Qui est Jean-Christophe Cambadélis ?

C'est une revanche pour Jean-Christophe Cambadélis, candidat malheureux au poste de premier secrétaire en 2012. A l'époque, le députe PS de Paris, ancien lieutenant de Dominique Strauss-Kahn, avait été le rival d'Harlem Désir. Il était depuis devenu secrétaire national du PS à l'Europe et à l'international, et directeur de campagne pour les européennes de mai.

Dès sa défaite, il avait tout fait pour se construire une image de "premier secrétaire bis", racontait Le Monde en décembre 2012, profitant des difficultés de son camarade. "'Camba' souffle constamment le chaud et le froid, glissait un cadre du parti au quotidien. Il a choisi d'emmerder Harlem aussi souvent qu'il le peut, par calcul autant que par conviction." 

Tous ces changements ne sont pas toujours bien accueillis à gauche. Sur son compte Twitter, la députée Marie-Noëlle Lienemann rappelle déjà que "le premier secrétaire doit être élu par les militants". L'ancien directeur de cabinet d'Harlem Désir, Mehdi Ouraoui, ironise sur l'arrivée de Jean-Christophe Cambadélis : "Ne manque plus que le retour de DSK et on a la dream team que le peuple de gauche attendait..."