Mesures de soutien pour la Culture : "Quand cet argent arrive sur nos comptes ?", s'interroge le président de l’association des théâtres privés en région

La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a annoncé au total, 115 millions d’euros pour soutenir le secteur.

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Radio France
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Une ouvreuse dans un théâtre parisien (photo d'illustration). (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Quand est-ce que cet argent arrive sur nos comptes ?", s'est interrogé Loïc Bonnet, le président de l’association des théâtres privés en région, jeudi 22 octobre sur franceinfo, après les annonces faites par la ministre de la Culture.
Il faut "10.000 euros là, très vite, tout de suite pour les salles les plus fragiles", a réagi ce patron du Théâtre "à l’Ouest", à Rouen. "J'ai des théâtres aujourd'hui dans mon association qui sont au bord du gouffre" et avec cette "impression d'être dans une injustice". "Il faut nous aider et très vite", a-t-il ajouté.

franceinfo : Trouvez-vous les mesures du gouvernement satisfaisantes ?

Loïc Bonnet : Non, ce n'est pas suffisant. On ne retrouvera jamais ce qu'on a déjà perdu pendant le confinement et ce qu'on va perdre là avec toutes ces nouvelles mesures de couvre-feu. Et puis j'étais à Matignon, on a été superbement bien accueillis. On a été superbement bien reçus. On nous a expliqué que nous étions des victimes, pas du gouvernement et pas des mesures du gouvernement, mais des victimes du virus. Avec un couvre-feu à 21 heures, c'est un peu comme les cinéma, on nous enlève notre ADN, c'est-à-dire divertir les gens et créer des émotions. Alors même si on va essayer de se réinventer, même si on va avancer nos séances à 19 heures, c'est très compliqué. Mais face à cet accueil, qui a été le meilleur qui puisse être, on est quand même désemparé. Parce que c'est bien beau d'entendre des millions [d'euros]. Mais quand cet argent arrive sur nos comptes ? C'est ça le problème. Moi, j'ai des théâtres aujourd'hui dans mon association qui sont au bord du gouffre.

Que souhaitez-vous concrètement ?

C'est d'abord 10.000 euros là, très vite, tout de suite pour les salles les plus fragiles, les petites salles. On n'a pas besoin de millions d'euros. On a besoin de 10.000, 20.000 euros et ce n'est pas pour faire de l'argent. Très clairement, c'est pour sauver ces lieux. On a demandé un moratoire sur les loyers. Aujourd'hui, les loyers sont la principale dépense de ces théâtres qui ne peuvent plus payer les loyers puisqu'ils n'ont plus de recettes. Alors, on nous promet plein de millions. On nous promet, mais moi, je veux savoir quand ? C'est urgent.

Avez vous eu une date ?

On n'a pas de réponse. On nous a dit que les dossiers étaient prêts et on va enfin pouvoir les remplir pour ensuite qu'ils soient examinés pour ensuite que l'argent arrive. Et vous vous rendez compte? On va encore perdre un mois, un mois et demi, deux mois. Une entreprise privée, si elle n'a pas d'argent, elle ne peut pas payer ces frais.

Quelle est la solution alternative ?

On a proposé l'exception culturelle, le fait que les gens présentent leur billet à la police s'ils sont à 21h30 dans les rues. Ça, monsieur Castex n'en veut pas puisqu'il nous dit sinon qu'il va falloir mettre une exception culinaire, une exception pour les bars, une exception pour tout le monde. On a vraiment l'impression d'être dans une injustice. Mon théâtre est dans un quartier étudiant et quand je sors à 21 heures, les balcons des résidences étudiantes sont blindées de jeunes qui font la fête. Et moi, mon lieu, où je respecte un protocole sanitaire, doit fermer. Il faut nous aider et très vite. Le rire est important et d'autant plus dans une situation angoissante comme celle-ci. Vivre c'est aussi se divertir et avoir des émotions.

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