Ce qu'il faut retenir de l'interview de Jean Castex par Samuel Etienne sur Twitch

Le Premier ministre a répondu aux questions des internautes en direct, dimanche. Un entretien d'une heure et demie dans l'appartement du journaliste de France Télévisions Samuel Etienne. 

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Le Premier ministre, Jean Castex, est interrogé par le journaliste de France Télévisions Samuel Etienne sur la plateforme de streaming Twitch, le 14 mars 2021.  (UGO PADOVANI / HANS LUCAS / AFP)

Après l'ancien président de la République François Hollande, le Premier ministre, Jean Castex, a fait ses premiers pas sur la plateforme de streaming Twitch, dimanche 14 mars. Invité par le journaliste de France Télévisions Samuel Etienne, il a répondu pendant une heure et demie aux questions des internautes, depuis l'appartement du présentateur de "Questions pour un champion" et de la matinale de franceinfo, sur le canal 27. 

Twitch Replay Etienne/Castex
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Selon l'entourage de Jean Castex, interrogé par France Bleu, le Premier ministre souhaitait, avec ce nouveau format d'entretien, "faire de la pédagogie" sur les sujets d'actualité. "Ce que je voulais en répondant à votre invitation, c'est parler avec des personnes qui n'écoutent pas forcément les conférences de presse (...) rendre compte des décisions que nous prenons", a-t-il expliqué en fin d'interview. Voici ce qu'il faut retenir de cet entretien, largement consacré à l'épidémie de Covid-19 et à la réponse gouvernementale à la crise sanitaire.  

Un reconfinement "pas exclu" en Ile-de-France 

Sans surprise, la question a été l'une des premières posées par les internautes au Premier ministre. "Envisagez-vous un reconfinement en Ile-de-France ?" Celui-ci "n'est pas exclu", a convenu Jean Castex, dans la lignée de ses propos des derniers jours. "La situation ne s'améliore pas", a-t-il reconnu, évoquant "un nombre de contaminations de plus en plus élevé" et des services hospitaliers "très chargés".

"En même temps, reconfiner, c'est un acte extrêmement fort avec des conséquences très lourdes", a-t-il souligné. "Il faut que l'on utilise toutes les armes à disposition pour éviter le confinement."

"Il faut avoir confiance" en AstraZeneca

Dimanche, l'Irlande est devenue le cinquième pays à suspendre l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca contre le Covid-19, à la suite d'inquiétudes sur des cas sévères de caillots sanguins chez des personnes vaccinées. Aucun lien n'a, à ce stade, été établi avec la vaccination. La France pourrait-elle suivre le choix des Irlandais ? "On n'a pas suspendu car nous ne disposons pas d'éléments pour suspendre cette vaccination. Je rappelle au contraire que toutes les études dont nous disposons (...) montrent que ce vaccin présente une certaine efficacité, notamment pour les formes les plus graves de la maladie", a répondu le Premier ministre. "Si j'avais le moindre doute, absolument, je demanderais la suspension, a-t-il toutefois assuré. Mais à ce stade, il faut avoir confiance dans ce vaccin." 

"Tout ce que l'on ferme, c'est un crève-cœur"

Au cours de l'entretien, de nombreuses questions des internautes ont porté sur la réouverture des restaurants et bars, des lieux culturels ou encore des salles de sport. Sur la fermeture des restaurants et des bars, Jean Castex a reconnu que "tout ce que l'on ferme, c'est un crève-cœur". "Fermer des restaurants et des bars, c'est très douloureux, c'est un art de vivre à la française", a convenu le Premier ministre.

"En même temps, on sait que ce sont les lieux où l'on se contamine le plus", avec les lieux privés, a-t-il défendu. "A ce stade, le niveau de la maladie est encore trop élevé pour que nous puissions mettre en œuvre la réouverture" de ces lieux. Le chef du gouvernement a apporté une réponse similaire pour les théâtres, les cinémas ou les salles de sport. "C'est un niveau de pression épidémique, elle est encore trop élevée pour que nous puissions passer à l'étape suivante." 

Pas de "deux poids, deux mesures" entre départements

Pourquoi les habitants du Pas-de-Calais sont-ils reconfinés les week-ends, quand on estime ces mesures "invivables" pour l'Ile-de-France ? Y aurait-il un "deux poids, deux mesures", en faveur des départements franciliens ? "Nous avons démarré (les mesures de reconfinement les week-ends) dans ces départements alors que le taux d'incidence était à 400 pour 100 000 habitants", a justifié Jean Castex. "L'Ile-de-France, nous n'en sommes pas loin, mais nous sommes en-dessous." 

Certains départements franciliens ont franchi ce seuil, mais du fait de mouvements importants au sein de la région, "on est obligé de considérer l'Ile-de-France globalement", a poursuivi le Premier ministre. Et ce dernier, élu local pendant plus de dix ans, de sourire : "On ne peut pas me soupçonner d'être un parisianiste forcené." 

Cet été, "on retrouvera une partie de notre liberté"

Interrogé sur la perspective des vacances estivales, Jean Castex s'est voulu prudent mais rassurant dimanche soir sur Twitch. "J'espère bien" que les Français pourront partir en vacances, a-t-il déclaré. "Sûrement que ce ne seront pas des vacances tout à fait, complètement normales", a-t-il convenu, glissant discrètement que les Français s'étaient peut-être "un peu" trop relâchés à l'été 2020. "La différence entre l'été 2020 et l'été 2021, c'est que l'on aura vacciné", a-t-il toutefois souligné. "On retrouvera une partie de notre liberté.".

Quant au retour des touristes étrangers en France, il "se fera progressivement", a ajouté le Premier ministre. 

Augmenter les lits en réanimation, une promesse non tenue ?

Plusieurs questions d'internautes ont interpellé Jean Castex sur la question des moyens dans les services de réanimation. Davantage de lits en réanimation, une promesse non tenue ? "On transforme des lits d'autres services pour accueillir des malades graves de la Covid-19. Ce n'est pas créer des lits de réanimation nouveaux (...), on ne crée pas de la ressource médicale en plus", s'est justifié le Premier ministre. 

Mi-octobre, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait notamment évoqué une augmentation du nombre de "lits durables" dans les services de réanimation. "Des lits durables pendant la crise", avait par la suite précisé le ministère de la Santé.

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