"Politicien bourgeois", "héritage bien maigre"... Ces quelques voix discordantes après la mort de Jacques Chirac

La disparition de l'ancien président de la République n'a pas suscité que des réactions élogieuses.

Jacques Chirac en septembre 2009.
Jacques Chirac en septembre 2009. (THOMAS BREGARDIS / AFP)

Depuis l'annonce de la disparition de Jacques Chirac, jeudi 26 septembre à l'âge de 86 ans, les réactions se multiplient. Et, de la droite à la gauche, les marques de respect sont quasiment unanimes. Seules quelques voix sont discordantes, notamment à l'extrême gauche.

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Parmi ces voix, celle du Nouveau parti anticapitaliste : "La profusion des déclarations, communiqués et reportages apologétiques, qui peignent l'ancien président de la République en champion de la lutte contre la pauvreté, de l'amitié entre les peuples et de la défense des 'valeurs de la république', a (...) de quoi donner la nausée". Même tonalité du côté de Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, qui retient "une carrière de politicien bourgeois qui aura coché toutes les cases: attaques anti ouvrières, 'bruit et odeur' contre les immigrés jusqu'aux affaires et autres emplois fictifs".

Malik Oussekine, le bruit et l'odeur

La député la France insoumise Danièle Obono se souvient, elle, des propos polémiques de l'ancien président, parlant du "bruit" et de "l'odeur" des immigrés, en 1991 : "Jacques Chirac c'était, pour moi, 'le bruit et l'odeur', la Françafrique, la fracture sociale, décembre 1995, le coup de gueule de Jérusalem, le non à la guerre en Irak... Au-delà de l'effervescence du moment, qu'est-ce que l'Histoire retiendra le plus ? Tout dépend de qui l'écrit." 

Mêmes réserves pour Alexis Corbière (LFI) : "Pour ma génération, nous lui reprochions notamment la mort de Malik Oussekine, le 'bruit et l'odeur', etc." En 1986, Jacques Chirac est le Premier ministre de la première cohabitation quand, lors d'une manifestation étudiante, Malik Oussekine est frappé mortellement par des policiers. Mais le député La France insoumise reconnaît "qu'il ne fut pas que cela. Avec lui la France a tenu tête aux Etats-Unis contre une guerre injuste. Hommage à cette grande figure de la droite. Qu'il repose en paix." 

La tache des affaires

Eric Halphen, ancien magistrat, a instruit l'affaire des HLM de Paris ouverte en 1994 alors que Jacques Chirac était encore maire. Il garde un souvenir sans concession de l'ancien président. "Je retiendrai surtout le chef de l’Etat qui a abaissé la fonction présidentielle", réagit-il jeudi sur franceinfo

Edwy Plenel, cofondateur de Mediapart, était le directeur du journal Le Monde quand a débuté l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, qui verra Jacques Chirac condamné à 2 ans de prison avec sursis. "Face au déluge d'hommages énamourés à Chirac, se rappeler que l'ex-président fut reconnu coupable d’abus de confiance, de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts", écrit le journaliste sur Twitter. Selon Edwy Plenel, Jacques Chirac "laisse derrière lui 40 années de combats politiques. Mais l’héritage est bien maigre tant cette carrière s’est construite par la seule ambition de gagner le pouvoir puis de le conserver".