Emplois fictifs, faux électeurs, frais de bouche... Les affaires de Jacques Chirac, premier président condamné par la justice

Jacques Chirac est mort, jeudi 26 septembre, à l'âge de 86 ans. Sa carrière politique a été marquée par de nombreuses affaires, jusqu'à sa condamnation en 2011.

Le président Jacques Chirac, le 5 décembre 2006 à Mettlach (Allemagne).
Le président Jacques Chirac, le 5 décembre 2006 à Mettlach (Allemagne). (FREDERICK FLORIN / AFP)

Emplois fictifs, faux électeurs, HLM de la Ville de Paris, frais de bouche, voyages... Jacques Chirac, mort jeudi 26 septembre à l'âge de 86 ans, a été le premier président français à être condamné par la justice, en 2011, dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Mais son nom a été mêlé à plusieurs scandales pour lesquels il n'a pas été condamné. Franceinfo revient sur son parcours judiciaire.

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Les emplois fictifs de la mairie de Paris

Jacques Chirac a été condamné en décembre 2011 à deux ans d'emprisonnement avec sursis pour détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêts, et n'a pas fait appel. Il était poursuivi pour deux affaires d'emplois fictifs, distinctes à l'origine mais rassemblées dans un seul et même jugement.

L'une portait sur 21 emplois de "chargés de mission", présumés de complaisance, lorsque Jacques Chirac était maire de Paris. L'autre volet portait sur sept emplois présumés fictifs à la mairie de Paris, occupés par des permanents du RPR d'octobre 1990 à novembre 1994. Avec plusieurs autres prévenus, Alain Juppé avait été condamné en 2004 en qualité d'ancien adjoint de Chirac, chargé des finances, et de secrétaire général du RPR. Le cas de Jacques Chirac avait été disjoint dans l'attente de la fin de son mandat présidentiel.

Les marchés publics des lycées d'Ile-de-France

Selon l'enquête ouverte en 1997 et terminée en 2007, des entreprises du BTP, se voyant attribuer des marchés dans les lycées d'Ile-de-France, reversaient 2% du montant des contrats au PS, au RPR et au Parti républicain. Chirac avait été soupçonné d'avoir bénéficié des fonds pour des voyages avec son entourage, payés en liquide entre 1992 et 1995.

Les HLM de la Ville de Paris

L'enquête, ouverte en 1994, portait sur des irrégularités commises entre 1991 et 1994 dans la passation de marchés d'entretien et d'équipement grâce à un système de contournement de la procédure d'appel d'offres. En mars 2001, Chirac avait été convoqué par le juge comme "simple témoin" mais n'avait pas obtempéré et le juge avait renoncé, du fait de son immunité.

La Sempap

Imprimerie des documents municipaux jusqu'en 1996, cette société était soupçonnée d'avoir favorisé des entreprises et financé le RPR, ainsi que d'avoir imprimé des documents personnels pour Bernadette Chirac. L'instruction avait été ouverte en 1997. Jacques Chirac a témoigné devant le juge en mai 2008 et a déclaré tout ignorer du dossier. En avril 2009, le juge a terminé son instruction sans mettre en cause l'ancien président.

Les faux électeurs de Paris

L'enquête ouverte en 1997 visait l'inscription d'électeurs fictifs à l'époque où Chirac était maire de Paris, en vue des élections de 1989 et 1995. Un plaignant avait demandé l'audition de Jacques Chirac. En mars 2013, Jean Tiberi, ancien maire de Paris, et son épouse Xavière ont été condamnés en appel à de la prison avec sursis, mais Jacques Chirac n'a jamais été mis en cause.

Les "frais de bouche"

L'Inspection générale de la ville soulignait que 2,13 millions d'euros avaient été affectés de 1987 à 1995 à l'alimentation et aux réceptions du couple Chirac, mais l'affaire s'est terminée en 2005 par un non-lieu.

Les voyages du couple Chirac

La compagnie Euralair est accusée, au printemps 1995, d'avoir mis à la disposition de Jacques Chirac, alors candidat à l'élection présidentielle, l'un de ses appareils pour au moins un déplacement en province, sans jamais le lui facturer. Bernadette Chirac est soupçonnée de son côté d'avoir bénéficié d'au moins cinq vols gracieux en 1998 et 1999, sur instruction du PDG de la compagnie. Du fait de son immunité, Chirac n'a pas été interrogé et ces faits ont fait l'objet d'un non-lieu en 2009.