VIDÉO. Covid-19 : le député François Ruffin souhaite une "année blanche" pour prolonger les droits au chômage des intérimaires, CDD, et contrats d'extras dans l'hôtellerie

Invité sur franceinfo mercredi, le député La France insoumise a dit souhaiter la mise en place d'une "année blanche" pour tous ces contrats comme cela a été fait pour les intermittents du spectacle.

Alors que les emplois précaires ont été fortement affectés par la crise économique liée au coronavirus Covid-19, le député La France insoumise de la Somme, François Ruffin, a dit souhaiter mercredi 23 septembre sur franceinfo, que le gouvernement mette en place une "année blanche" qui permettrait aux intérimaires, CDD ou à ceux qui effectuent des contrats d'extras dans l'hôtellerie-restauration, de prolonger leurs droits au chômage. Une mesure similaire a déjà été prise pour les intermittents du spectacle qui ont vu, en juillet dernier, leurs droits d'indemnisation prolongés jusqu'à fin août 2021.

"C'est 1,5 million de personnes qui sont parties dans la nature"

"Qui paie la crise en premier ?" s'est demandé François Ruffin. "Ce sont les intérimaires, les CDD, ce sont les extras dans l'hôtellerie, a estimé le député de la Somme, ce sont des gens en fin de contrat et le patronat de l'intérim estime que cela fait 500 000 personnes en équivalent temps plein, donc ça veut dire qu'en vérité c'est un million, voire 1,5 million de personnes qui sont parties dans la nature et que l'on ne verra pas dans les manifestations." La solution à ces situations de précarité est simple, selon l'élu de La France insoumise : "Il faut faire pour les intérimaires et pour les extras de l'hôtellerie, ce que l'on a fait pour les intermittents du spectacle : une année blanche, c'est à dire prolonger les droits au chômage".

Certains secteurs ont été frappés de plein fouet par la crise du coronavirus. Ainsi, le nombre de passagers a chuté de 81% entre début mars et fin août 2020 dans les aéroports français. Une situation qui a fait réagir François Ruffin : "Les gens qui habitent Roissy (où est situé l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, ndlr) et qui ne vont pas trouver de boulot en intérim, ce n'est pas parce qu'ils ne le veulent pas.

Les gens qui travaillent dans l'événementiel et qui servent des plateaux-repas ou des buffets, s'ils ne trouvent pas de boulot, ce n'est pas parce qu'ils ne le veulent pas. Idem pour les intermittents du spectacle.

François Ruffin

à franceinfo

Aussi s'agit-il, défend le député, de mettre "une égalité entre tout cela" et proposer "une année blanche pour tout le monde". Par ailleurs, François Ruffin a également évoqué le cas de ces intérimaires qui auraient pu espérer, avant la crise, intégrer l'entreprise dans laquelle ils travaillaient. "Mais là, pas d'entretien d'embauche, ils sont sortis de la boîte ! Et là, possiblement, c'est le RSA dans un mois et demi. Voilà la situation dans laquelle se trouvent, sans doute, des centaines de milliers de personnes. C'est sous les radars. Cela ne se voit pas mais c'est là."

François Ruffin, le 23 septembre 2020.
François Ruffin, le 23 septembre 2020. (FRANCIENFO / RADIO FRANCE)