La rentrée de François Hollande torpillée en cinq étapes

Remaniement, démissions, révélations... Il ne se passe quasiment pas un jour sans que le président de la République, au plus bas dans les sondages, ne doive affronter un nouveau problème.

Le président de la République François Hollande lors du sommet de l\'Otan à Cardiff (Royaume-Uni) le 4 septembre 2014.
Le président de la République François Hollande lors du sommet de l'Otan à Cardiff (Royaume-Uni) le 4 septembre 2014. (BEN GURR / POOL / AFP)

"Les emmerdes, ça vole en escadrille." Pour le député Hervé Morin, invité d'i-Télé jeudi 4 septembre, il n'y a "pas meilleure illustration" de cette phrase célèbre de Jacques Chirac que la rentrée de François Hollande. Remaniement de crise, révélations assassines sur sa vie privée, démission d'un secrétaire d'Etat fraîchement nommé... Les mauvaises nouvelles s'abattent sur le président de la République comme la pluie sur l'ile de Sein.

Résultat : François Hollande plonge dans les sondages, sa cote de popularité a atteint 13% jeudi 4 septembre, selon une enquête TNS-Soffres pour le Figaro. Un record pour un président sous la Ve république. Retour sur une rentrée catastrophique en cinq étapes.

20 août : Duflot le critique vertement

Les difficultés du chef de l'Etat ont débuté avec la sortie d'un premier livre à charge, De l'intérieur. Voyage au pays de la désillusion, écrit par Cécile Duflot. L'ex-ministre du Logement y attaque violemment François Hollande"A force d'avoir voulu être le président de tous, il n'a su être le président de personne", affirme la députée écologiste. Et d'insister sur l'impuissance du chef de l'Etat à obtenir des résultats. "J'ai voté Hollande, cru en lui et été déçue... J'ai essayé de l'aider à tenir ses promesses, de l'inciter à changer la vie des gens, de le pousser à mener une vraie politique de gauche. Et j'ai échoué. Alors je suis partie."

25 août : Montebourg fait valser le gouvernement

A l'occasion de la fête de la Rose à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), dimanche 24 août, le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg lâche une bombe. Après avoir dénoncé la politique économique menée par son propre ministère, il demande au président de changer de cap et d'abandonner la rigueur. Un nouveau couac, sous les yeux du ministre de l'Education Benoît Hamon, qui a affirmé la veille ne pas être "loin des frondeurs".

C'en est trop pour le Premier ministre, qui pose un ultimatum à François Hollande. "C'est Montebourg ou moi", aurait lâché Manuel Valls, selon le Parisien. Le lendemain matin, le gouvernement Valls I remet sa démission. Et Arnaud Montebourg est remplacé, mardi 26 août, par l'ancien banquier d'affaires Emmanuel Macron.

27 août : les chiffres du chômage ne sont "pas bons"

Manuel Valls, invité de France 2 mardi 26 août, avait prévenu que les chiffres du chômage en juillet ne seraient "pas bons". Le lendemain, la sentence tombe : progression de 0,8% du nombre de demandeurs d'emploi en France métropolitaine par rapport au mois précédent. Soit la plus forte hausse enregistrée depuis février. Le nombre de chômeurs, qui a atteint 5 083 800 toutes catégories confondues, a augmenté de 5% depuis le début de l'année. Un camouflet de plus pour un président qui avait fait de l'inversion de la courbe du chômage sa priorité.

3 septembre : Trierweiler livre des révélations explosives

Alors que François Hollande tente péniblement de repartir du bon pied au moment de la rentrée scolaire, son ex-compagne Valérie Trierweiler annonce la parution d'un livre-confession. Les premiers extraits de Merci pour ce moment, ouvrage qui retrace son passage à l'Elysée, sont dévoilés mercredi 3 septembre dans Paris Match. Et ils sont terribles pour l'image du chef de l'Etat.

"Il s'est présenté comme l'homme qui n'aime pas les riches. En réalité, le président n'aime pas les pauvres. Lui, l'homme de gauche, dit en privé : les 'sans-dents', très fier de son trait d'humour", écrit Valérie Trierweiler. François Hollande est d'autant plus "catastrophé" par ces révélations affirment  ses proches, qu'il n'a pas vu le coup venir.

4 septembre : un secrétaire d'Etat démissionne pour des "problèmes de conformité avec les impôts" 

Quelques heures à peine après la sortie en librairie du livre de Valérie Trierweiler, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Thomas Thévenoud, est débarqué du gouvernement, neuf jours après sa nomination. Il affirme dans un premier temps avoir démissionné pour "raisons personnelles", avant de reconnaître des "problèmes de conformité avec les impôts". Ce proche d'Arnaud Montebourg, qui défendait il y a quelques semaines encore la lutte contre la fraude fiscale, n'avait pas déclaré ses revenus pendant trois ans. Une nouvelle casserole dont le gouvernement "se serait bien passé", souffle Najat Vallaud-Belkacem sur RTL, vendredi 5 septembre.