4 Vérités - Pour Jean-Jacques Urvoas, "il faut sortir la question carcérale de la polémique politique"

Jean-Jacques Urvoas, le ministre de la Justice, est l'invité des 4 Vérités du vendredi 23 septembre.

FRANCE 2

Mardi 20 septembre, le Garde des Sceaux a annoncé sa volonté de construire de 10 000 à 16 000 nouvelles cellules de prison. Selon lui, "c'est le Premier ministre qui donnera les chiffres mercredi, mais on peut imaginer que dans un gouvernement qui a l'habitude de travailler ensemble, si je fais part d'un certain nombre de vœux à partir d'un diagnostic qui a été posé, personne n'a contesté ce diagnostic. Nous avons besoin de places de prison, j'ai donné ce qui pouvait être une fourchette. On sait que pour crédibiliser la démarche, pour trouver les terrains nécessaires, il faut un milliard dès l'année prochaine. Et Michel Sapin a dit que les équilibres avaient été trouvés et je n'ai pas senti qu'il était inquiet sur la demande. "

Une nécessité apolitique

Le ministre de la Justice rejette la notion de bord politique concernant la surpopulation carcérale : "J'ai proposé une démarche qui soit transpartisane, dit-il. C'est-à-dire que nous devons lutter contre la surpopulation carcérale pour des raisons de sécurité. On a aujourd'hui un problème de radicalisation à l'intérieur de nos prisons. L'isolement est une des manières de lutter contre cette radicalisation et donc il faut construire des places de prison. Mais ca ne se construit pas en un an et moi j'ai proposé que jusqu'à la fin de la législature, nous pouvons, avec le Sénat et l'Assemblée nationale, nous puissions nous mettre d'accord sur un constat de façon à  ce que la prochaine législature puisse engager les mesures. Je propose que nous sortions la question carcérale de la polémique politique." Sur les peines de substitution proposée par Christiane Taubira, ministre de la Justice avant lui, Jean-Jacques Urvoas croit "à une approche équilibrée. Nous avons été, avec le Premier ministre au cœur de l'été, visiter la prison de Nîmes. 50% des peines aménageables, c'est à dire celles qui sont prononcées par des magistrats pour permettre de préparer la sortie, ces peines sont aménagées. Donc on ne devrait pas avoir de surpopulation carcérale si on ne croyait qu'à l'alternative. Or il y a une surpopulation", estime-t-il.