Trop d'hommes, pas assez de renouvellement... Pourquoi la formation du nouveau gouvernement a été si longue

Fin du suspense :  le nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne sera annoncé vendredi 20 mai dans l'après-midi. 

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Radio France
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Le palais de l'Elysée, le 6 juillet 2021. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / Via AFP)

La nouvelle équipe gouvernementale s'est fait attendre, et doit être dévoilée quatre jours après la nomination d’Elisabeth Borne à Matignon : le nouveau gouvernement sera annoncé vendredi 20 mai après-midi, annonce l'Elysée.. "On ne va pas se mettre la pression, on veut la meilleure équipe" avait prévenu la Première Ministre... "Cela requiert du temps" a confirmé Emmanuel Macron. Pourquoi tant d'attente, et qu'est-ce qui a coincé ? 

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D'abord, il n'y a pas assez de renouvellement, et des refus se sont multipliés. Des personnes du privé, notamment, qui rechignent à voir leur salaire réduit drastiquement. Ensuite, le filtre de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), avec des dossiers qui coincent, mais aussi des candidats potentiels qui grimacent à l’idée de voir leur vie décortiquée : leur salaire, celui de leur conjoint ou conjointe, leur patrimoine –placements, immobilier–, jusqu’au nombre de leurs voitures… Enfin, parce qu'il y a la question de la parité. Il y a trop de candidats et pas assez de candidates : beaucoup d’hommes ont voulu être reconduits.

Emmanuel Macron "ne s'en est pas occupé avant"

C'est un problème, aussi, d'architecture gouvernementale, la classique guerre des périmètres : quel secteur dans quel ministère. Les discussions ont été nourries, notamment autour de Bercy. Et puis il y a la question du "sélectionneur" lui-même, Emmanuel Macron : "Il a commencé après la nomination d’Elisabeth Borne lundi, il ne s’en est pas occupé avant", souffle un conseiller.

Conséquence : le conseil des ministres prévu ce matin est repoussé à lundi. Il était pourtant annoncé dans les cabinets, selon les informations de franceinfo, avec un seul point à l’ordre du jour : la situation internationale. Il a été annulé par un appel hier soir du secrétariat général du gouvernement.

"Pensez à vous inscrire à Pôle Emploi"

Dans les cabinets, l'ambiance s'en ressent. Le panel va de l’ennui à la déprime, en passant surtout par beaucoup d’anxiété. Un conseiller décrit : il y a ceux qui partent déjà vers d’autres postes dans l’administration ou le privé, et ceux qui restent. "On finit les cartons, on fait la tournée des bureaux, beaucoup regardent les chaînes d’info continue… On nous retire les fournitures, papiers ou enveloppes… Pire : on n’arrête pas de recevoir des mails nous demandant de rendre ordinateurs portables, tablettes, téléphones." La ligne d’un ministre a même été coupée par erreur…

Et puis il y a ces injonctions qui font mal : "Plus de chauffeur, ordre de la hiérarchie"… "Pensez à vous inscrire à Pôle Emploi"… "C’est une période de torture absolue avec des ministres souvent pénibles", conclut cette source… Un autre conseiller, davantage confiant sur son avenir, positive : son truc pour tuer le temps, "boire des bières en terrasses avec des collègues d’autres cabinets".

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