La suppression de 1 600 postes au ministère des Sports est un "effort complètement démesuré", selon un économiste

L'économiste du sport Christophe Lepetit a expliqué, lundi sur franceinfo, que la suppression de 1 600 postes d'ici 2022 au ministère des Sports aura des "conséquences importantes" pour les clubs sportifs.

Roxana Maracineanu, ministre des Sports, le 4 septembre 2018.
Roxana Maracineanu, ministre des Sports, le 4 septembre 2018. (FREDERIC DUGIT / MAXPPP)

Combien de postes seront supprimés au sein du ministère des Sports d'ici 2022 ? Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Sports Roxana Maracineanu se sont rencontrés, lundi 10 septembre, pour évoquer ce sujet, après la publication de la lettre de cadrage de Matignon lui demandant de supprimer 1 600 postes. À l'issue de cette entrevue, la nouvelle ministre a déclaré s'inscrire "totalement dans l’action du gouvernement". Il n'empêche : cette annonce, qu'elle avait qualifiée de "très brutale", est du jamais-vu selon l'économiste du sport Christophe Lepetit. Ce dernier a mis en garde, lundi sur franceinfo, contre les "conséquences importantes" pour les clubs sportifs. Selon le responsable du Centre de droit et d'économie du sport de Limoges, ils sont déjà "fortement pénalisés" par "la réduction des emplois aidés" et "la diminution des financements publics en général".

franceinfo : Que représentent ces 1 600 équivalents temps plein ?

Christophe Lepetit : C'est énorme puisque ce sont essentiellement des postes de conseillers techniques et sportifs qui sont des personnels d'État placés auprès des fédérations sportives. Les missions sont d'assurer le développement du sport dans les territoires. Ce sont des postes très importants puisque ce sont les garants d'une bonne accessibilité des pratiques sportives à l'ensemble des Français. Cela serait donc une vraie perte pour le mouvement sportif si on devait se passer de ces profils-là.

Est-ce que les conséquences seraient importantes pour les clubs ?

Oui, extrêmement importantes. Ces personnes-là n'interviennent pas directement dans les clubs, mais elles sont à l'impulsion des politiques sportives territoriales. Ce sont des personnes qui comptent, donc cela pourrait entraîner de nouvelles difficultés pour les clubs qui sont déjà fortement pénalisés par la réduction des emplois aidés et par la diminution des financements publics en général.

A-t-on déjà connu des tentatives de coupes aussi importantes dans le budget sportif en France ?

Aussi importantes, non. On a une deuxième année difficile qui s'annonce en 2019, puisqu'en 2018, il y avait déjà eu une diminution de 6% du budget des sports et la réduction des emplois aidés. Il y a donc une ampleur très forte de l'effort demandé au sport. Un effort considérable quand on compare cet effort-là au poids économique du sport dans le budget de l'État. Le sport, malheureusement, ne pèse que 0,13% du budget de l'État. On lui demande un effort qui me paraît complètement démesuré par rapport à son importance économique et budgétaire dans les finances publiques.