La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, appelle le PDG de Radio France à "tirer les conséquences" de sa condamnation

Françoise Nyssen a appelé mardi dans les colonnes du journal "Le Monde", l'actuel PDG de Radio France, Mathieu Gallet, à "tirer les conséquences" de sa condamnation, lundi, à un an de prison avec sursis pour favoritisme.

Mathieu Gallet arrive au tribunal correctionnel de Créteil le 16 novembre 2017.
Mathieu Gallet arrive au tribunal correctionnel de Créteil le 16 novembre 2017. (THOMAS SAMSON / AFP)

La ministre de la Culture Françoise Nyssen a appelé, dans un entretien accordé mardi 16 janvier au journal Le Monde, l'actuel PDG de Radio France, Mathieu Gallet, à "tirer les conséquences" de sa condamnation, lundi, à un an de prison avec sursis pour favoritisme, affirmant que "les dirigeants d’entreprises publiques avaient un devoir d’exemplarité".

La ministre semble durcir le ton

"Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable", a déclaré Françoise Nyssen. "Il appartient à l’intéressé d’en tirer les conséquences, ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel, légalement compétent", a ajouté la ministre, qui semble durcir le ton à l'encontre du PDG de Radio France.

L’ancien président de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) a été condamné lundi à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. Mathieu Gallet a fait appel de cette décision. Mathieu Gallet est soupçonné d'avoir commandé près de 400 000 euros de prestations à deux sociétés de conseil sans avoir respecté les règles des marchés publics, lorsqu'il était à la tête l'INA.

Mathieu Gallet a exclu de démissionner

Bien avant la décision du tribunal de Créteil, Mathieu Gallet avait exclu de démissionner, dans un entretien au journal Le Monde, expliquant que son mandat courrait "jusqu'en mai 2019" et qu'il compter rester "pleinement investi jusque-là". La procédure de renouvellement de son mandat devrait, en principe, être enclenchée à la fin de l'année. Mais depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron, l'exécutif a fait savoir qu'il envisager de changer le mode de nomination des dirigeants de l'audiovisuel public, qui est aujourd'hui l'apanage du CSA. Le gouvernement souhaite confier cette mission au conseil d’administration des entreprises concernées.

Le gouvernement envisage également de créer une structure - une holding - qui chapeauterait à la fois Radio France et France Télévisions, ce qui supposerait de nommer un seul dirigeant. Une option que Mathieu Gallet avait considéré avec méfiance, dans un entretien au Monde, en décembre.

"Rapprocher des structures, est-ce être plus fort ou être plus lourd ? Si cela accélère nos transformations, pourquoi pas ? Mais si cela doit ralentir nos décisions et nous faire perdre en agilité, cela ne fera que renforcer nos compétiteurs", avait estimé le PDG de Radio France.