Assistants parlementaires du FN : "Il y a peut-être eu une période de flottement, mais pas d'infraction", estime Nicolas Bay

Le député du Rassemblement national était l'invité de France Inter, mercredi. 

FRANCE INTER / RADIO FRANCE

Il n'y a "pas eu d'infraction" ni de "volonté de commettre une infraction" dans l'affaire des assistants parlementaires européens au Front national (devenu Rassemblement national), assure Nicolas Bay, député européen du RN, mercredi 26 juin sur France Inter. Il dénonce "un très mauvais procès" et assure que le parti avait "respecté les règles dans le passé" et qu'il les "respectera dans le futur".

Depuis fin 2016, les juges enquêtent sur un possible "système" organisé "de manière concertée et délibérée" par l'ex-FN pour financer des salaires de ses permanents en détournant les fonds de l'Union européenne destinés à l'emploi d'assistants parlementaires. Une quinzaine de personnes sont mises en examen,  dont Marine Le Pen et son compagnon Louis Aliot, ainsi que le Front national. La présidente du RN conteste les faits. Nicolas Bay est lui-même mis en examen pour abus de confiance.

Le journal Le Monde a révélé le 14 juin des SMS et emails échangés par des assistants parlementaires et eurodéputés du Rassemblement national (lien vers un article pour abonnés). Dans l'un d'eux, un assistant parlementaire s'inquiète de n'avoir "aucune preuve de travail". Nicolas Bay n'y voit aucun élément permettant d'incriminer son parti. "Je crois qu’on prend isolément des SMS ou des mails de personnes qui n’ont pas la connaissance générale du dossier et qui s’inquiètent."

"Nous nous battrons"

L'eurodéputé admet qu'"au début de la mandature précédente, il y a peut-être eu une période de flottement", mais il affirme qu'il n'y avait "pas eu d'infraction ou de volonté de commettre une infraction". Il insiste sur le fait qu'un assistant parlementaire "peut faire autre chose que des notes européennes".

"On a respecté les règles dans le passé et on les respectera", assure-t-il en dénonçant le "très mauvais procès" fait à son parti. "Le président socialiste du Parlement européen à l'époque, Martin Schultz, a fait une dénonciation mensongère", se défend-t-il. Le Parlement européen réclame au parti de Marine Le Pen près de 340 000 euros, somme correspondant aux salaires versés à deux assistants parlementaires. "Nous nous battrons à toutes les étapes de la procédure, avance Nicolas Bay, y compris s'il y a un procès ensuite, pour montrer que nous n’avons enfreint aucune règle, que nos assistants parlementaires ont travaillé au service de nos députés".

Nicolas Bay, le 26 juin 2019.
Nicolas Bay, le 26 juin 2019. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)