Rentrée politique : les six dossiers bouillants qui attendent François Hollande

Revenu de vacances, le président de la République a déjeuné avec le Premier ministre, mardi, à la veille du Conseil des ministres de rentrée.

Le chef de l\'Etat, François Hollande, à l\'Elysée, le 30 juin 2015.
Le chef de l'Etat, François Hollande, à l'Elysée, le 30 juin 2015. (MAXPPP)

Frais et reposé ? Après une semaine de vacances courte et discrète dans le sud de la France, le président de la République, François Hollande, a regagné l'Elysée, lundi 17 août. Après un déjeuner avec le Premier ministre, Manuel Valls, mardi, le chef de l'Etat présidera le Conseil des ministres de rentrée, ce mercredi 19 août, à l'Elysée. Et les dossiers chauds qui l'attendent ne manquent pas. Francetv info récapitule les principaux.

Trouver un nouveau ministre du Travail

Premier dossier à traiter : la succession de François Rebsamen. En plein milieu de ses vacances, le ministre du Travail a annoncé sa volonté de succéder à Alain Millot, mort d'un cancer, comme maire de Dijon. Un mandat qu'il a brigué avec succès, puisqu'il a été élu le 10 août par la majorité socialiste de la ville bourguignonne. Conséquence : François Rebsamen remettra sa démission du gouvernement à l'issue du Conseil des ministres, mercredi.

Qui le remplacera ? Plusieurs noms circulent, dont ceux du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, qui doit actuellement affronter la crise des éleveurs, du secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, ou encore du député "frondeur" Jean-Marc Germain. Le nouveau ministre du Travail annoncera-t-il une "baisse effective" du chômage d'ici à la fin de l'année 2015, comme l'a assuré François Rebsamen fin juin ? François Hollande a fait de la baisse du nombre de demandeurs d'emploi la condition sine qua non pour se représenter à l'élection présidentielle en 2017. C'est dire si ce dossier compte à ses yeux.

Résoudre la crise des éleveurs

Autre dossier urgent : réussir à résoudre, durablement, la crise des éleveurs, et notamment ceux de la filière porcine. Au point mort depuis une semaine, le marché du porc a repris, mardi, au lendemain d'une réunion des principaux acteurs de la filière à Paris, autour du ministre Stéphane Le Foll. Mais les choses sont pourtant loin d'être réglées : les deux plus gros industriels de la filière porcine, Bigard et la Cooperl, continuent de refuser le prix réclamé par les éleveurs et le gouvernement.

Son entourage l'assure : François Hollande suit de près le dossier. Le sujet a d'ailleurs été abordé lors d'une entrevue, lundi midi à l'Elysée, entre le chef de l'Etat et son ministre de l'Agriculture. Car la crise ne devrait pas se résoudre subitement avec la fin des vacances : une manifestation nationale des éleveurs est déjà programmée le 7 septembre, à l'occasion d'une réunion à Bruxelles des ministres de l'Agriculture européens.

Gérer la crise des migrants

C'est l'un des sujets sur lequel va surfer le Front national lors de la campagne des régionales de décembre : à Calais, plus de 3 000 migrants s'entassent dans la "new jungle" dans des conditions désastreuses, alors que le passage vers l'Angleterre est de plus en plus difficile. A Paris, après l'expulsion du campement de migrants situé sous le métro La Chapelle, plusieurs lieux ou bâtiments ont été squattés cet été dans l'est parisien, le relogement ayant été insuffisant ou inadéquat.

Le gouvernement refuse d'accueillir davantage de demandeurs d'asile, alors que la France n'est officiellement qu'à la 13e place du classement européen par rapport à sa population. De crise en crise, et faute de solution européenne satisfaisante, la gestion du dossier paraît erratique, alors que le flot de réfugiés arrivant sur les côtes de la Méditerranée ne cesse de croître, en particulier en Italie et en Grèce.

Relancer la croissance

Après une légère accélération, la croissance patine de nouveau. Au deuxième trimestre, le compteur est resté bloqué à 0%. En juin, l'Insee prévoyait pourtant une hausse de 0,3%. Malgré l'optimisme affiché du ministre des Finances, Michel Sapin, assurant que la France est "en reprise de croissance", c'est bel et bien un coup d'arrêt après trois trimestres consécutifs de légère hausse. Le chiffre tombe d'autant plus mal que, lors de sa traditionnelle interview du 14-Juillet, François Hollande avait affirmé, une fois de plus, que "la croissance est là"

Or, moins de croissance que prévu, c'est aussi moins de rentrées dans les caisses de l'Etat, et donc davantage d'économies à prévoir pour le budget 2016. Et Michel Sapin, qui commence à préparer la prochaine loi de finances, devra composer sans toucher davantage au portefeuille des Français : le Premier ministre, Manuel Valls, a même appelé à de nouvelles baisses d'impôts pour les ménages, "non pas dans un an, mais tout de suite". De quoi, espère-t-il, relancer la consommation des ménages, et donc doper la croissance.

Limiter les dégâts aux régionales

Croissance à la peine, fort taux de chômage, gauche en ordre dispersé... Solidaire du gouvernement, le Parti socialiste cumule les handicaps avant les élections régionales qui se tiendront en décembre. L'exécutif pourrait subir un nouveau camouflet après la perte de 28 conseils généraux aux départementales de mars. "Cela va être compliqué", concède, laconique, un conseiller de François Hollande cité dans Le Parisien.

Comment sauver les meubles dans les 13 nouvelles régions ? Président et gouvernement vont probablement essayer de manœuvrer en coulisses pour des listes d'union PS-EELV dès le premier tour, en particulier dans le Nord-Pas-de-Calais, face au FN mené par Marine Le Pen. Mais c'est un euphémisme que de dire que dans l'entourage du chef de l'Etat comme dans les rangs de la majorité, l'optimisme ne règne pas pour ce dernier grand scrutin avant la présidentielle de 2017.

Préparer la conférence sur le climat

Grande échéance d'ici la fin de l'année : le  sommet COP21. Le grand rendez-vous mondial sur le climat se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre, réunissant 196 pays. François Hollande en fait un des enjeux de sa présidence, espérant aboutir à un accord significatif sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre, notamment du CO2 (dioxyde de carbone).

Signal positif :  à quelque mois de cette conférence, Barack Obama a donné un signal fort. Le président américain a présenté un plan pour une "énergie propre" en imposant une réduction du CO2 via l'arrêt de centrales électriques fonctionnant au charbon. En revanche, selon Le Figaro, la rivalité entre le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal "inquiète de nombreux spécialistes" et "fragiliserait les efforts diplomatiques français" pour réussir à trouver un accord entre pays aux intérêts opposés.