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Demandeurs d'asile : les efforts de la France en quatre graphiques

Bruxelles demande aux Etats membres de l'UE d'accueillir 40 000 demandeurs d'asile syriens et érythréens dans les deux ans à venir. Francetv info dresse l'état des lieux de la situation actuelle.

Article rédigé par Mathieu Dehlinger
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Un canot transportant des migrants afghans arrive sur l'île de Kos (Grèce), le 27 mai 2015. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

Bruxelles demande "un minimum de solidarité" face à l'afflux de migrants en Méditerranée. La Commission européenne a proposé, mercredi 27 mai, aux Etats de l'Union européenne de prendre en charge sous deux ans 40 000 candidats à l'asile syriens et érythréens arrivés en Grèce et en Italie. Les membres de l'UE ont également été appelés à accueillir, dans le même délai, 20 000 réfugiés installés actuellement en dehors de l'Europe.

Si le plan était validé en l'état, la France devrait accueillir plus de 9 000 migrants. A-t-elle fait beaucoup d'efforts jusque-là ? Nos voisins sont-ils plus généreux avec les demandeurs d'asile ? Francetv info a étudié les statistiques européennes pour savoir comment ces migrants sont accueillis au sein de l'UE.

De quels pays viennent les demandeurs d'asile ?

Pris en tenaille entre le régime de Bachar Al-Assad et les jihadistes de l'Etat islamique, les Syriens sont de plus en plus nombreux à tenter de gagner l'Europe. En 2014, ils étaient 122 115 à demander l'asile au sein de l'UE, soit près de 19,5% du nombre total de demandeurs, loin devant les ressortissants afghans et kosovars.

Dans son plan, la Commission européenne cible également les Erythréens, qui étaient 36 925 à demander l'asile l'année passée. Ces migrants fuient le régime du président Issayas Afeworki, dénoncé par des experts de l'ONU pour sa "répression impitoyable" et l'usage "généralisé" de la torture, des exécutions extrajudiciaires et des disparitions forcées pour faire taire les critiques. Ils sont également nombreux à quitter le Kosovo, l'Afghanistan ou le Pakistan : francetv info a compilé sur cette carte les pays dont plus de 10 000 ressortissants ont demandé l'asile au sein de l'UE en 2014.

Où s'installent ces migrants ?

En 2014, la France était la quatrième destination privilégiée par les demandeurs d'asile parmi les 28 Etats membres de l'Union européenne, selon les chiffres d'Eurostat. L'Hexagone n'était devancé, cette année-là, que par l'Allemagne, la Suède et l'Italie.

Pour autant, ces chiffres bruts sont à relativiser. Rapporté à la population de chaque pays, la France chute à la 13e place du classement européen, avec seulement un demandeur d'asile pour 1 000 habitants. Loin, très loin derrière la Suède, qui fait figure de principale terre d'accueil sur le continent, avec 8,79 demandeurs d'asile pour 1 000 habitants.

Quels pays sont les plus accueillants ?

De loin, la France n'est pas la plus accueillante des nations européennes, à en croire les données compilées par Eurostat. Dans l'Hexagone, seules 21,6% des demandes d'asile sont acceptées en première instance. Un taux bien faible au regard de la moyenne au sein de l'UE (44,7%) et très éloigné du record européen, détenu par la Bulgarie (94,1%).

Qui va devoir en accueillir davantage ?

Pour faire face à la crise en Méditerranée, la Commission européenne appelle les Etats membres à la "solidarité", pour soulager l'Italie et la Grèce, où affluent de nombreux migrants depuis ces derniers mois. Bruxelles souhaite que chaque nation accueille un certain nombre de demandeurs d'asile, ainsi que des réfugiés installés en dehors de l'UE.

Pas question de parler de "quotas", rejetés par Manuel Valls. A la place, la Commission évoque des "clés de répartition" entre les différents Etats membres. Pour déterminer la contribution de chacun, elle a pris en compte la taille de la population, le PIB total, le nombre de demandes d'asile reçues ces cinq dernières années et le taux de chômage.

En s'appuyant sur ces critères, la France devrait accueillir 6 752 demandeurs d'asile sur un total de 40 000 : 4 051 Syriens et Erythréens installés en Italie et 2 701 autres qui se trouvent actuellement sur le territoire grec. En plus, la Commission lui demande d'accepter 2 375 réfugiés "ayant manifestement besoin de protection internationale", sélectionnés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Si le plan était validé en l'état, la France en serait le deuxième contributeur, derrière l'Allemagne.

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