Rentrée politique : le PS "est toujours en convalescence" et doit faire "face à des choix stratégiques absolument fondamentaux"

Pour le politologue Bruno Cautrès, "c'est sans aucun doute la période la plus importante du PS, du point de vue de sa simple survie".

Ouverture du séminaire de formation du PS à La Rochelle, le 23 août 2018.
Ouverture du séminaire de formation du PS à La Rochelle, le 23 août 2018. (SOUNALET JEAN CHRISTOPHE / MAXPPP)

Le Parti socialiste (PS) clôture samedi 25 août à la mi-journée son séminaire de formation à La Rochelle, en présence de 400 élus, et alors que plusieurs partis font leur rentrée ce week-end, dont la France insoumise à Marseille. Le PS peine à se faire une place dans l'opposition car il "est toujours en convalescence" et doit faire "face à des choix stratégiques absolument fondamentaux", a estimé sur franceinfo le politologue Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof. Pour lui, "c'est sans aucun doute la période la plus importante du Parti socialiste, du point de vue de sa simple survie".

franceinfo : Le Parti socialiste s'est-il remis du coup politique d'Emmanuel Macron à la dernière présidentielle ?

Bruno Cautrès : Le Parti socialiste est toujours en convalescence, une forte convalescence même. La défaite qu'il a subie en 2017 - et après de nombreuses défaites électorales pendant le mandat de François Hollande - c'est une défaite dont l'ampleur, le score de Benoît Hamon, mais aussi les divisions du parti, laisse des traces extrêmement profondes. C'est sans aucun doute la période la plus importante du Parti socialiste, du point de vue de sa simple survie.

Que peux faire le Premier secrétaire Olivier Faure ? Comment peut rebondir le PS selon vous ?

Le PS est, comme d'autres organisations politiques avant lui, et comme d'autres périodes du Parti socialiste, face à des choix stratégiques absolument fondamentaux. Au fond il y a trois perspectives de stratégie pour lui. Première stratégie : est-ce que le Parti socialiste devient un parti d'opposition à géométrie variable vis-à-vis de La République en marche, avec peut-être une perspective d'alliance sociale, démocrate, centriste, une aile gauche du macronisme ? Ou est-ce qu'au contraire le PS est un parti d'opposition clairement ancré à gauche, avec une stratégie de confrontation claire et nette avec La République en marche, et une perspective d'alliance à gauche ? A ce moment-là, la question essentielle c'est bien sûr les rapports avec La France Insoumise mais aussi les liens avec Benoît Hamon qui a été le candidat du parti, qui a créé son propre mouvement et dont un certain nombre de thèmes séduisent les jeunes générations, et en particulier les électeurs de gauche. Ou alors le Parti socialiste veut-il en fait se réinscrire dans une histoire à la Mitterrand, et se projeter dans les 10-15 ans comme un parti qui a vocation à redevenir l'îlot central politique ? Voilà les questions stratégiques essentielles [que le PS doit se poser].

François Hollande peut-il représenter un recours crédible ?

Au-delà de la question très hypothétique d'un retour de François Hollande, le vrai point de discussion c'est quel rôle François Hollande aujourd'hui souhaite avoir dans cette refondation du Parti socialiste. Est-ce qu'au fond il est un aîné qui regarde avec bienveillance un Parti socialiste en train de se reconstruire ? Quelle aide peut-il apporter ? Ou est-ce que François Hollande est dans un autre agenda, de peut-être réémerger d'ici 2022 ? La question est totalement ouverte, mais un récent sondage de l'IFOP montre que ce n'est pas gagné pour lui.