Rassemblement pro-Fillon au Trocadéro : "Prendre le risque de faire siffler des magistrats n'est pas responsable"

Sébastien Huyghe, député LR du Nord, a appelé, samedi sur franceinfo, au retrait de la candidature de François Fillon en avouant toutefois que "personne ne peut l'y contraindre".

Sébastien Huyghe, le 10 janvier 2017, à l\'Assemblée nationale. (Photo d\'illustration)
Sébastien Huyghe, le 10 janvier 2017, à l'Assemblée nationale. (Photo d'illustration) (THOMAS PADILLA / MAXPPP)
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Le rassemblement de soutien à François Fillon, organisé dimanche 5 mars, au Trocadéro, à Paris, "est plus qu'une erreur. C'est une faute. L'origine de ce rassemblement est la mise en cause de la justice. [...] Prendre le risque de faire siffler l'action des magistrats n'est pas responsable", a affirmé Sébastien Huyghe, député LR du Nord et soutien de Nicolas Sarkozy durant la primaire, samedi 4 mars sur franceinfo.

franceinfo : Existe-t-il quelque chose qui peut faire arrêter François Fillon ?

Sébastien Huyghe : Il faut qu'il prenne ses responsabilités. L'enjeu c'est la France. Notre pays a été précipité dans l'ornière par François Hollande. Aujourd'hui, les idées de la droite et du centre peuvent nous permettre de retrouver de la croissance, de l'emploi et arrêter les déficits publics. Pour ça, il nous faut un candidat à la présidentielle en capacité de l'emporter. Aujourd'hui, force est de constater que François Fillon n'est plus cette personne. Il doit prendre ses responsabilités et quitter la campagne. Il doit respecter la parole qu'il a donnée aux Français, les yeux dans les yeux, sur le 20 heures de TF1. Il a pris l'engagement, que s'il était mis en examen, il quittait la campagne. Il droit respecter cette parole, sinon il se parjure.

Un comité politique a été demandé pour lundi. Vous avez demandé début février à convoquer un bureau politique très rapidement. Quelle est la différence ?

Le comité politique n'a pas d'existence officielle. Il existe seulement dans le cadre de la campagne. Je souhaite un bureau politique, car c'est l'organe officiel du parti. Il est le seul à avoir la possibilité de prendre des décisions au nom du parti Les Républicains. Il doit se réunir pour déterminer les modalités de désignation d'un nouveau candidat en remplacement de François Fillon.

François Fillon a les parrainages, l'argent, il peut donc continuer ?

Personne ne peut le contraindre à prendre cette décision, sauf à lui appliquer une pression politique, sauf à le laisser seul pour qu'il s'aperçoive qu'il va dans le mur. Il va dans le mur, mais il entraîne avec lui l'ensemble de la droite et du centre et même notre pays. Il faut vraiment qu'il s'en aille.

Vous souteniez Nicolas Sarkozy lors de la primaire. Quel rôle peut jouer l'ancien président de la République ?

Il est une autorité morale et politique au sein de notre famille politique. Je sais qu'un certain nombre de proches de François Fillon l'ont consulté. Cela doit continuer. Je souhaite que, la semaine prochaine, il y ait une parole forte des proches de Nicolas Sarkozy, de manière à ce que la pression monte pour François Fillon.

François Fillon appelle ses sympathisants à se réunir dimanche place du Trocadéro à Paris. L'ampleur du rassemblement peut-il avoir un impact ?

Ce rassemblement est plus qu'une erreur. C'est une faute. L'origine de ce rassemblement est la mise en cause de la justice. Quand on est prétendant aux plus hautes fonctions de l'État, où l'on est garant du bon fonctionnement de la justice, prendre le risque de faire siffler l'action des magistrats n'est pas responsable. J'ai appris que certains appellent à une contre-manifestation. J'ai peur que cela dégénère. C'est une faute de persister dans l'organisation de ce rassemblement. On a beau rassembler quelques milliers de personnes, ce n'est pas représentatif du pays. On a vu des candidats, dans notre famille politique, remplir des salles et perdre des élections.

"Je souhaite que, la semaine prochaine, il y ait une parole forte des proches de Nicolas Sarkozy, de manière à ce que la pression monte pour François Fillon", Sébastien Huyghe
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