Affaires Fillon : des magistrats ainsi que des journalistes de Mediapart et du "Canard enchaîné" visés par des menaces de mort

Des lettres de menace accompagnées de balles de fusil ont été envoyées aux rédactions du "Canard enchaîné" et de Mediapart, ainsi qu'à quatre magistrats du pôle financier en charge de l’affaire Fillon.

Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel à Paris, le 8 février 2015.
Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel à Paris, le 8 février 2015. (JOEL SAGET / AFP)

Des lettres de menaces, accompagnées chacune d'une balle de calibre 22 long rifle, ont été envoyées au rédactions du Canard enchaîné et de Mediapart, rapporte le site d'information jeudi 6 avril. Quatre magistrats du pôle financieer ont reçu des courriers similaires. Selon Mediapart, il s'agirait d'Eliane Houlette, la patronne du parquet national financier, et des trois juges chargés d'instruire l'affaire Fillon.

Mediapart a annoncé avoir porté plainte après avoir reçu cette lettre envoyée depuis Marseille et adressée à la rédaction. Le courrier portait en en-tête le nom du "collectif d'épuration 2J" ainsi que le dessin d'un cercueil avec les initiales d'Edwy Plenel, le président du site d'information. "La vigilance et la protection ne durent pas ad vitam... Ce jour-là, nous serons là pour vous ou l'un de vos proches", menace la lettre. Elle porte également le slogan "juges et journalistes dans le même sac".

Une enquête ouverte pour "menaces de mort"

Le rédacteur en chef du Canard enchaîné, Louis-Marie Moreau, a confirmé à Mediapart avoir reçu un courrier similiaire. Sur l'en-tête, le dessin d'un canard a été imprimé à la place des initiales "EP", précise le site d'information. "Nous n’avons pas porté plainte. On prend ce courrier avec précaution, on le signale à la police mais, pour nous, cela s’arrête là", a indiqué Louis-Marie Moreau.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance pour "menaces de mort", confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de Paris. "En cette période électorale, beaucoup de courriers d’insultes nous arrivent mais, là, avec une munition, ce n’est pas anodin", a précisé une source judiciaire à Mediapart.