Eric Zemmour est relaxé en appel pour des propos contre l'islam et l'immigration tenus en 2019

En première instance, le chroniqueur de 63 ans avait été condamné pour ces propos à 10 000 euros d'amende.

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France Télévisions
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Le polémiste Eric Zemmour, à Paris, le 22 avril 2021. (JOEL SAGET / AFP)

La cour d'appel de Paris a relaxé, mercredi 8 septembre, le polémiste Eric Zemmour, qui était poursuivi pour injure et provocation à la haine après une violente diatribe contre l'islam et l'immigration. En première instance, le chroniqueur de 63 ans avait été condamné pour ces propos à une peine de 10 000 euros d'amende.

Eric Zemmour s'était exprimé, le 28 septembre 2019, lors de "Convention de la droite", une réunion organisée par les proches de l'ancienne députée d'extrême droite Marion Maréchal. Lors de son discours, il s'en était pris aux immigrés "colonisateurs", avait présenté le voile et la djellaba comme "les uniformes d'une armée d'occupation", et cité l'écrivain Renaud Camus, théoricien du "grand remplacement" de la population blanche et chrétienne par une population immigrée musulmane. RTL avait cessé sa collaboration avec lui à la suite de ce discours.

Selon l'AFP, qui a consulté l'arrêt de la cour d'appel de Paris, celle-ci a jugé que "aucun des propos poursuivis ne visent l'ensemble des Africains, des immigrés ou des musulmans mais uniquement des fractions de ces groupes", et a donc considéré que l'infraction poursuivie n'était pas constituée.

En première instance, en septembre 2020, le tribunal correctionnel de Paris avait estimé au contraire que ces propos constituaient "une exhortation, tantôt implicite tantôt explicite, à la discrimination et à la haine à l'égard de la communauté musulmane et à sa religion".

Une seconde affaire renvoyée en novembre

"C'est une immense victoire", a affirmé à l'AFP l'avocat d'Eric Zemmour, Me Olivier Pardo, qui accuse le parquet d'avoir "déformé" les propos de son client.

Les associations antiracistes, qui s'étaient constituées parties civiles, se disent "sidérées". "C'est une grosse déception", a réagi auprès de l'AFP une des avocates de la Maison des potes, Ambre Benitez. "C'est une décision catastrophique pour le débat public, cela autorise tous les excès racistes", a renchéri Jérôme Karsenti. L'association va se pourvoir en cassation.

Eric Zemmour était également convoqué mercredi devant le tribunal pour avoir mis en cause les migrants mineurs, qu'il avait qualifiés de "voleurs" et d'"assassins" sur CNews en septembre 2020. Son avocat, Olivier Pardo, annoncé à franceinfo que le procès a été renvoyé au 17 novembre à 9h30.

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