"Epuisés", "pas de temps mort" : les députés exaspérés par le report de leurs vacances

Faute d'un accord sur la loi de moralisation de la vie politique, les élus devront rester à Paris une semaine de plus que prévu, jusqu'au 9 août. Plusieurs d'entre eux expriment leur mécontentement.

Les députés en session à l\'Assemblée nationale, le 1er aout 2017. 
Les députés en session à l'Assemblée nationale, le 1er aout 2017.  (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Eux aussi aimeraient pouvoir être sur un transat, bercés par le clapotis des vagues. Mardi 1er août, plusieurs députés n'ont pas fait mystère de leur lassitude après le report d'une semaine de leurs congés. En cause : le Sénat et l'Assemblée n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur le texte prévoyant la moralisation de la vie politique.

Plus précisément, c'est la réserve parlementaire qui a divisé les élus de l'Assemblée (qui sont globalement favorables à sa suppression) et ceux du Sénat (qui préfèrent son remplacement par un dispositif d'aide aux communes). Les députés devront donc rester à Paris jusqu'au 9 août, le temps d'une nouvelle lecture du texte dans chaque chambre, puis d'un vote à l'Assemblée. Franceinfo a compilé leurs réactions.

"Un état d'épuisement assez avancé"

C'est la première fois, depuis l'instauration de la session unique en 1995, que les députés siègent aussi tard l'étéSur Twitter, plusieurs d'entre eux, dont beaucoup de novices, font part de leur mécontentement. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a dénoncé "le renouveau En marche !" qui consiste à "voter la nuit" et "se réunir en août"

Sur Facebook, il a rappelé que "les députés aussi ont une famille et un droit aux vacances". Même constat pour son collègue Adrien Quatennens, lui aussi élu de La France insoumise, qui regrette auprès d'Europe 1 qu'il n'y ait pas eu "de transition entre la campagne et l’installation". "Tout le monde est dans un état d’épuisement assez avancé", glisse-t-il.

Pascale Boyer, députée LREM des Hautes-Alpes, tout juste arrivée à Paris, déplore elle sur le site d'Europe 1 qu'il n'y ait "aucun temps mort""On bosse 70-80 heures par semaine [...]. Quand on veut bien faire son boulot, il faut être en forme", renchérit Philippe Gosselin (LR), auprès de l'AFP.

Leurs remarques rencontrent un certain succès sur Twitter, où plusieurs messages de soutien leur parviennent. "La fatigue n'est ni de droite, ni de gauche. Il est important que les députés puissent voter dans de bonnes conditions", écrit ainsi une internaute.

"Quand on arrive fin juin dans une boîte, on ne prend pas un mois de vacances en août"

Mais la pilule ne passe pas pour tout le monde. "On termine le travail jusqu'au bout quand on est élu", a ainsi lancé Sacha Houlié, vice-président de l'Assemblée (LREM). Début juin, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Christophe Castaner, s'était réjoui d'avoir "des jeunes parlementaires tout frais. [...] Je ne doute pas qu'ils voudront travailler plutôt que partir en vacances." 

Sur Twitter, des internautes interpellent aussi leurs élus, dont certains n'ont pris leurs fonctions qu'après les élections législatives de juin.

"Je pense qu’on va devoir changer un peu les pratiques à la rentrée parce que ce rythme-là ne sera pas tenable", assure Adrien Quatennens à Europe 1Le député du Nord pourrait voir son voeu exaucé. Dans les colonnes du JDD, dimanche, le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, a promis une réforme sur les pratiques et les rythmes de l’Hémicycle. En attendant, les députés pourront profiter d'un rythme ralenti jusqu'au 3 octobre, date probable de la réouverture de l'Assemblée nationale.