Visite d'Emmanuel Macron à Bergerac : "Il n'y a pas de fatalité industrielle", déclare le président

Emmanuel Macron a posé la première pierre d'une nouvelle usine d'Eurenco qui fabrique de la poudre d'obus. Une production destinée notamment à l'Ukraine.
Article rédigé par franceinfo - Avec France Bleu Périgord
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une visite de l'usine d'Eurenco à Bergerac, le 11 avril 2024. (LUDOVIC MARIN / POOL / AFP)

"Il n'y a pas de fatalité industrielle", a déclaré Emmanuel Macron lors de sa vistie sur le site d'Eurenco à Bergerac, jeudi 11 avril, rapporte France Bleu Périgord. Le président de la République, truelle à la main, a posé la première pierre de la nouvelle usine de poudre pour obus.

Cette visite en Dordogne se veut comme une nouvelle étape dans "l'économie de guerre" qu'il appelle de ses vœux. Il exhorte les industriels de défense à produire davantage pour continuer à soutenir activement l'Ukraine face à la Russie. "Le monde a changé depuis un peu plus de deux ans", a expliqué le président de la République en référence à la guerre entre la Russie et l'Ukraine. "Cette économie de guerre, elle est aussi pour nous", a lancé le chef de l'Etat. "L'investissement dans notre industrie, France 2023, dans l'innovation, dans notre recherche, dans notre défense crée de l'emploi", et "nous permet de baisser les dépenses sociales qui accompagnent et permet de créer de la richesse pour tout le pays", affirme-t-il. "La réindustrialisation, c'est bon pour l'emploi."

Emmanuel Macron appelle à un effort "durable" des industriels de l'armement

Selon le chef de l'Etat, "l'effort" à fournir, est "urgent, il faut aller vite, fort, massifier, mais il est aussi durable". Il estime que le monde "avait déjà commencé à changer il y a dix ans avec l'attaque de la Russie" en Crimée, mais que "les choses se sont accélérées". Pour Emmanuel Macron, l'économie de guerre est "une nécessité du moment", car il faut "tenir et fournir des armements à l'Ukraine pour résister".

"Ma conviction c'est que c'est une réalité de la géopolitique dans laquelle nous allons vivre durablement."

Emmanuel Macron

France Bleu Périgord

D'après lui, "le monde de demain ne s'arrêtera pas si demain la guerre se termine, parce qu'il y a un réarmement massif qui s'est opéré ces derniers temps de la Russie" et parce que "partout en Europe les dépenses militaires et les commandes augmentent" et "partout à travers le monde", la géopolitique "change".

"Il y a déjà, à marche forcée, une transformation en profondeur de notre industrie", explique le chef de l'Etat. "Cette année, on va produire 75 canons César qui seront livrés à l'Ukraine, c'est beaucoup plus que ce qu'on a livré depuis le début de la guerre", soutient-il. Selon lui, "Bergerac est l'image de cette reconquête industrielle et de cette souveraineté militaire que nous voulons pour nous-mêmes et pour l'Europe".

Accompagné à Bergerac des ministres de l'Économie Bruno Le Maire et des Armées Sébastien Lecornu, le chef de l'État doit ensuite rencontrer des dirigeants de l'industrie française de l'armement sur le thème du réarmement. Lors de ses voeux aux Armées en janvier à Cherbourg, le chef de l'État avait fustigé une "forme d'engourdissement satisfait" de l'industrie de défense avant l'invasion de l'Ukraine.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.