Mélenchon sur un char, des caricatures de "Jupiter", un car-régie détruit... Neuf choses vues à la Fête à Macron

Près de 40 000 personnes ont défilé à Paris pour protester contre la politique du président. La manifestation s'est déroulée pacifiquement, même si plusieurs incidents ont éclaté en marge du défilé. Huit personnes ont été interpellées et un policier blessé. 

Les participants de la Fête à Macron réunis place de la Bastille, à Paris, le 5 mai 2018.
Les participants de la Fête à Macron réunis place de la Bastille, à Paris, le 5 mai 2018. (GERARD JULIEN / AFP)

Conformément aux souhaits des organisateurs, l'ambiance était plutôt festive et bon enfant à la Fête à Macron. Près de 40 000 personnes ont défilé à Paris, samedi 5 mai, pour protester contre la politique du président, selon le décompte du cabinet indépendant qui travaille pour une vingtaine de médias. Elles étaient quatre fois plus selon La France insoumise, coorganisatrice de l'évènement, qui revendique 160 000 participants. La manifestation, initiée par le député François Ruffin et encadrée par 2 000 policiers et gendarmes, s'est tout de même soldée par huit interpellations et un policier légèrement blessé. Voici ce qu'il faut en retenir.  

Jean-Luc Mélenchon a pris la parole depuis un char 

Perché sur un char, le leader de La France insoumise a dénoncé "une campagne organisée" par l'exécutif pour "diaboliser toute opposition""Oui, nous pouvons perdre une élection. Mais jamais nous ne désarmerons de nos objectifs, de notre humanisme, car nous savons que c'est un monde pourri dans lequel nous vivons", a lancé Jean-Luc Mélenchon sous les vivats.

Il a appelé à un nouveau rassemblement le 26 mai prochain, "si cela est accepté par tous". "Le 26 mai, par millions, déferlez, soyez la marée humaine qui change l'histoire !", a-t-il tonné. 

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Le président "jupitérien" caricaturé en "roi"

Qu'il s'agisse de pancartes ou de mannequins à son effigie, le caractère "jupitérien" d'Emmanuel Macron a été la cible principale des organisateurs et manifestants. En début de cortège se trouvait une "voiture royale", sur laquelle était écrit : "Macron, ta fête commence". 

La France insoumise en force dans le cortège 

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon était le plus présent de la Fête à Macron, qui visait à rassembler partis politiques de gauche, associations et organisations syndicales autour d'une même opposition à Emmanuel Macron. Si les manifestants étaient invités à amener leurs propres affiches et banderoles, une majorité de pancartes portaient le sigle de la France insoumise dans le cortège.

Plusieurs personnalités de la France insoumise, d'Alexis Corbière à Charlotte Girard, ont également pris la parole depuis leur char au cours de la manifestation. "Vous êtes en colère ! Merci Macron !", a lancé la coresponsable du programme du mouvement. 

Un "joyeux anniversaire !" pour Macron

Du haut de leur char, les personnalités de La France insoumise ont tenu, non sans ironie, à souhaiter avec les manifestants un "joyeux anniversaire" à Emmanuel Macron, un an après son élection. L'ambiance était globalement festive dans le cortège. Plusieurs groupes de personnes ont dansé autour de camions, tout en avançant vers la place de la Bastille. 

Des airs de Nuit debout

La Fête à Macron, initiée par le député de La France insoumise François Ruffin, l'était aussi par d'autres figures de proue du mouvement Nuit Debout, telles que l'économiste Frédéric Lordon. La manifestation a commencé, vers midi place de l'Opéra, par un concert d'Orchestre debout, rappelant ceux qu'ils tenaient place de la République en 2016. 

En fin d'après-midi place de la Bastille, Frédéric Lordon a pris la parole après l'avoir laissée à des cheminots, personnels de santé ou encore membres d'un collectif de soutien aux sans-papiers. "Où est la légitimité ?", a-t-il lancé en visant Emmanuel Macron. "Du côté de ceux qui travaillent et de ceux qui souffrent. De ceux qui résistent", a-t-il affirmé.

Quelques pancartes polémiques 

Plusieurs affiches et effigies à l'image d'Emmanuel Macron dans le cortège de la Fête à Macron n'ont pas manqué de faire réagir. Certains internautes ont notamment dénoncé le fait que le chef de l'Etat soit présenté comme pendu pendant la manifestation. 

Un car-régie de Radio France pris pour cible par des personnes au visage masqué

Le car-régie de Radio France a été pris pour cible. Une cinquantaine de personnes au visage masqué s'en sont pris au véhicule stationné près de la place de la Bastille, et plusieurs vitres ont été brisées. Un fumigène a été jeté à l'intérieur. Ces personnes ont exigé le départ des journalistes. Les policiers sont ensuite venus pour sécuriser le véhicule.

Un policier blessé par un tir de projectile 

Un CRS a été blessé par un tir de projectile près de la place de la Bastille en fin de journée. Selon la préfecture de police, il a été pris en charge et son pronostic vital n'est pas engagé. 

Un CRS à terre après avoir été blessé par un tir de projectile près de la place de la Bastille, à Paris, lors de la fête à Macron, le 5 mai 2018. 
Un CRS à terre après avoir été blessé par un tir de projectile près de la place de la Bastille, à Paris, lors de la fête à Macron, le 5 mai 2018.  (CLEMENT LE GOFF / FRANCE 2)

"Quand certains s'attaquent à la presse, il n'y a plus de limites", a réagi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Huit personnes interpellées 

Huit personnes ont été interpellées au cours de l'événement, a indiqué la préfecture de police dans un communiqué. Parmi elles figure une personne soupçonnée d'avoir participé à la dégradation du car-régie de Radio France. 

Un autre individu a été interpellé et placé en garde à vue dans le 5e arrondissement de Paris après des "contrôles préventifs". Il était vêtu de noir, et avait sur lui un silex, un couteau, une bombe de peinture et un masque de protection. 

Deux autres personnes ont été arrêtées pour port d'arme prohibé, de "l'outillage" considéré comme des armes par destination. Une quatrième personne a enfin été été interpellée dans le secteur de l'Opéra pour port d'arme prohibé. Le 1er mai, 109 personnes avaient été placées en garde-à-vue.